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	<title>Różaniec - modlitwa zawierzenia... &#187; fr-fr</title>
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	<description>dawniej rosary.katolik.pl</description>
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		<title>LETTRE APOSTOLIQUE ROSARIUM VIRGINIS MARIAE</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Jan 2009 22:57:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>dstranz</dc:creator>
				<category><![CDATA[fr]]></category>
		<category><![CDATA[fr-fr]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Rosaire de la Vierge Marie, qui s'est développé progressivement au coursdu deuxi?me millénaire sous l'inspiration de l'Esprit de Dieu, est une pri?re aimée de nombreux saints et encouragée par le Magist?re. Dans sa simplicité et dans sa profondeur, il reste, m?me dans le troisi?me millénaire commençant, une pri?re d'une grande signification, destinée ? porter des fruits de sainteté. Elle se situe bien dans la ligne spirituelle d'un christianisme qui, apr?s deux mille ans, n'a rien perdu de la fraîcheur des origines et qui se sent poussé par l'Esprit de Dieu ? ? avancer au large ? (Duc in altum! ) pour redire, et m?me pour "crier" au monde, que le Christ est Seigneur et Sauveur, qu'il est ? le chemin, la vérité et la vie ? (Jn 14, 6), qu'il est ? la fin de l'histoire humaine, le point vers lequel convergent les désirs de l'histoire et de la civilisation ?.1

En effet, tout en ayant une caractéristique mariale, le Rosaire est une pri?re dont le centre est christologique. Dans la sobriété de ses éléments, il concentre en lui la profondeur de tout le message évangélique , dont il est presque un résumé.2 En lui résonne ? nouveau la pri?re de Marie, son Magnificat permanent pour l'śuvre de l'Incarnation rédemptrice qui a commencé dans son sein virginal. Avec lui, le peuple chrétien se met ? l'école de Marie , pour se laisser introduire dans la contemplation de la beauté du visage du Christ et dans l'expérience de la profondeur de son amour. Par le Rosaire, le croyant puise d'abondantes grâces, les recevant presque des mains m?mes de la M?re du Rédempteur.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="center" style="text-align: center;">LETTRE APOSTOLIQUE<em><br />
<span style="font-size: medium;"><strong>ROSARIUM VIRGINIS MARIAE</strong> </span><br />
</em> DU        PAPE<br />
<strong>JEAN-PAUL II</strong><br />
? L&#8217;ÉPISCOPAT, AU CLERGÉ<br />
ET AUX        FID?LES<br />
SUR LE ROSAIRE
</p>
<p class="center"> </p>
<p class="center"><strong>INTRODUCTION</strong></p>
<p class="justify">1. Le Rosaire de la Vierge Marie, qui s&#8217;est développé        progressivement au coursdu deuxi?me millénaire sous l&#8217;inspiration de        l&#8217;Esprit de Dieu, est une pri?re aimée de nombreux saints et encouragée        par le Magist?re. Dans sa simplicité et dans sa profondeur, il reste, m?me        dans le troisi?me millénaire commençant, une pri?re d&#8217;une grande        signification, destinée ? porter des fruits de sainteté. Elle se situe        bien dans la ligne spirituelle d&#8217;un christianisme qui, apr?s deux mille        ans, n&#8217;a rien perdu de la fraîcheur des origines et qui se sent poussé par        l&#8217;Esprit de Dieu ? ? avancer au large ? (<em>Duc in altum!</em> ) pour        redire, et m?me pour &#8222;crier&#8221; au monde, que le Christ est Seigneur et        Sauveur, qu&#8217;il est ? le chemin, la vérité et la vie ? (<em>Jn</em> 14, 6),        qu&#8217;il est ? la fin de l&#8217;histoire humaine, le point vers lequel convergent        les désirs de l&#8217;histoire et de la civilisation ?.<sup>1</sup></p>
<p class="justify">En effet, tout en ayant une caractéristique mariale, le        Rosaire est une pri?re dont le centre est christologique. Dans la sobriété        de ses éléments, il concentre en lui la <em>profondeur de tout        le message évangélique</em> , dont il est presque un résumé.<sup>2 </sup> En lui résonne ? nouveau la pri?re de Marie, son<em> Magnificat </em> permanent pour l&#8217;śuvre de l&#8217;Incarnation rédemptrice qui a commencé        dans son sein virginal. Avec lui, le peuple chrétien <em>se met ? l&#8217;école        de Marie</em> , pour se laisser introduire dans la contemplation de la        beauté du visage du Christ et dans l&#8217;expérience de la profondeur de son        amour. Par le Rosaire, le croyant puise d&#8217;abondantes grâces, les recevant        presque des mains m?mes de la M?re du Rédempteur.</p>
<p class="justify"><em><strong><span id="more-161"></span> Les Pontifes romains et le Rosaire</strong> </em></p>
<p class="justify">2. Beaucoup de mes prédécesseurs ont accordé une grande        importance ? cette pri?re. ? ce sujet, des mérites particuliers reviennent        ? Léon XIII qui, le 1<sup>er</sup> septembre 1883, promulgua        l&#8217;encyclique<em> <a  href="http://www.vatican.va/holy_father/leo_xiii/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_01091883_supremi-apostolatus-officio_fr.html">Supremi        apostolatus officio</a> </em> ,<sup>3 </sup> paroles fortes par lesquelles il        inaugurait une série de nombreuses autres interventions concernant cette        pri?re, qu&#8217;il présente comme un instrument spirituel efficace face aux        maux de la société. Parmi les Papes les plus récents qui, dans la période        conciliaire, se sont illustrés dans la promotion du Rosaire, je désire        rappeler le bienheureux Jean XXIII<sup>4 </sup> et surtout Paul VI qui,        dans l&#8217;exhortation apostolique<em> Marialis cultus</em> , souligna, en        harmonie avec l&#8217;inspiration du Concile Vatican II, le caract?re        évangélique du Rosaire et son orientation christologique.</p>
<p class="justify">Puis, moi-m?me, je n&#8217;ai négligé aucune occasion pour        exhorter ? la récitation fréquente du Rosaire. Depuis mes plus jeunes        années, cette pri?re a eu une place importante dans ma vie spirituelle.        Mon récent voyage en Pologne me l&#8217;a rappelé avec force, et surtout la        visite au sanctuaire de Kalwaria. Le Rosaire m&#8217;a accompagné dans les temps        de joie et dans les temps d&#8217;épreuve. Je lui ai confié de nombreuses        préoccupations. En lui, j&#8217;ai toujours trouvé le réconfort. Il y a        vingt-quatre ans, le 29 octobre 1978, deux semaines ? peine apr?s mon        élection au Si?ge de Pierre, laissant entrevoir quelque chose de mon âme,        je m&#8217;exprimais ainsi: ? Le Rosaire est ma pri?re préférée. C&#8217;est une        pri?re merveilleuse. Merveilleuse de simplicité et de profondeur. [...] On        peut dire que le Rosaire est, d&#8217;une certaine mani?re, une        pri?re-commentaire du dernier chapitre de la Constitution<em> <a  href="http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19641121_lumen-gentium_fr.html">Lumen        gentium</a> </em> du deuxi?me Concile du Vatican, chapitre qui traite de        l&#8217;admirable présence de la M?re de Dieu dans le myst?re du Christ et de        l&#8217;Église. En effet, sur l&#8217;arri?re-fond des <em>Ave Maria</em> défilent les        principaux épisodes de la vie de Jésus Christ. Réunis en myst?res joyeux,        douloureux et glorieux, ils (1961), pp.641-647: <em>La Documentation        catholique</em> 58 (1961), col. 1265-1271.nous mettent en communion vivante        avec Jésus ? travers le cśur de sa M?re, pourrions-nous dire. En m?me        temps, nous pouvons rassembler dans ces dizaines du Rosaire tous les        événements de notre vie individuelle ou familiale, de la vie de notre        pays, de l&#8217;Église, de l&#8217;humanité, c&#8217;est-?-dire nos événements personnels        ou ceux de notre prochain, et en particulier de ceux qui nous sont les        plus proches, qui nous tiennent le plus ? cśur. C&#8217;est ainsi que la simple        pri?re du Rosaire s&#8217;écoule au rythme de la vie humaine        ?.<sup>5 </sup></p>
<p class="justify">Par ces paroles, chers fr?res et sśurs, je mettais dans le        rythme quotidien du Rosaire <em>ma premi?re année de Pontificat</em> .        Aujourd&#8217;hui, <em>au début de ma vingt-cinqui?me année de service comme        Successeur de Pierre</em> , je désire faire de m?me. Que de grâces n&#8217;ai-je        pas reçues de la Vierge Sainte ? travers le rosaire au cours de ces        années: <em>Magnificat anima mea Dominum!</em> Je désire faire monter mon        action de grâce vers le Seigneur avec les paroles de sa tr?s sainte M?re,        sous la protection de laquelle j&#8217;ai placé mon minist?re pétrinien:<em> Totus tuus!</em></p>
<p class="justify"><em><strong>Octobre 2002 &#8211; octobre 2003: Année du        Rosaire</strong> </em></p>
<p class="justify">3. C&#8217;est pourquoi, faisant suite ? la réflexion proposée        dans la Lettre apostolique<em> <a  href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_letters/documents/hf_jp-ii_apl_20010106_novo-millennio-ineunte_fr.html">Novo        millennio ineunte</a> </em> , dans laquelle, apr?s l&#8217;expérience jubilaire,        j&#8217;ai invité le Peuple de Dieu ? ? repartir du Christ ?,<sup>6 </sup> j&#8217;ai        senti la nécessité de développer une réflexion sur le Rosaire, presque        comme un couronnement marial de cette lettre apostolique, pour exhorter ?        la contemplation du visage du Christ en compagnie de sa tr?s sainte M?re        et ? son école. En effet, réciter le Rosaire n&#8217;est rien d&#8217;autre que        contempler avec Marie le visage du Christ. Pour donner un plus grand        relief ? cette invitation, profitant de l&#8217;occasion du tout proche cent        vingti?me anniversaire de l&#8217;encyclique de Léon XIII déj? mentionnée, je        désire que, tout au long de l&#8217;année, cette pri?re soit proposée et mise en        valeur de mani?re particuli?re dans les différentes communautés        chrétiennes. Je proclame donc l&#8217;année qui va d&#8217;octobre de cette année ?        octobre 2003 <em>Année du Rosaire</em> .</p>
<p class="justify">Je confie cette directive pastorale ? l&#8217;initiative des        différentes communautés ecclésiales. Ce faisant, je n&#8217;entends pas        alourdir, mais plutôt unir et consolider les projets pastoraux des Églises        particuli?res. Je suis certain que cette directive sera accueillie avec        générosité et empressement. S&#8217;il est redécouvert dans sa pleine        signification, le Rosaire conduit au cśur m?me de la vie chrétienne, et        offre une occasion spirituelle et pédagogique ordinaire particuli?rement        féconde pour la contemplation personnelle, la formation du Peuple de Dieu        et la nouvelle évangélisation. Il me plaît de le redire aussi ? l&#8217;occasion        du souvenir joyeux d&#8217;un autre événement: le quaranti?me anniversaire de        l&#8217;ouverture du Concile ścuménique Vatican II (11 octobre 1962), cette ?        grande grâce ? offerte par l&#8217;Esprit de Dieu ? l&#8217;Église de notre        temps.<sup>7 </sup></p>
<p class="justify"><em><strong>Objections au Rosaire</strong> </em></p>
<p class="justify">4. L&#8217;opportunité d&#8217;une telle initiative découle de diverses        considérations. La premi?re concerne l&#8217;urgence de faire face ? une        certaine crise de cette pri?re qui, dans le contexte historique et        théologique actuel, risque d&#8217;?tre ? tort amoindrie dans sa valeur et ainsi        rarement proposée aux nouvelles générations. D&#8217;aucuns pensent que le        caract?re central de la liturgie, ? juste titre souligné par le Concile        ścuménique Vatican II, a eu comme conséquence nécessaire une diminution de        l&#8217;importance du Rosaire. En réalité, comme le précisait PaulVI, cette        pri?re non seulement ne s&#8217;oppose pas ? la liturgie, mais en constitue un        support, puisqu&#8217;elle l&#8217;introduit bien et s&#8217;en fait l&#8217;écho, invitant ? la        vivre avec une plénitude de participation intérieure, afin d&#8217;en recueillir        des fruits pour la vie quotidienne.</p>
<p class="justify">D&#8217;autres craignent peut-?tre qu&#8217;elle puisse apparaître peu        ścuménique en raison de son caract?re nettement marial. En réalité, elle        se situedans la plus pure perspective d&#8217;un culte ? la M?re de Dieu, comme        le Concile VaticanII l&#8217;a défini: un culte orienté vers le centre        christologique de la foi chrétienne, de sorte que, ? ? travers l&#8217;honneur        rendu ? sa M?re, le Fils [...] soit connu, aimé, glorifié ?.<sup>8 </sup> S&#8217;il est redécouvert de mani?re appropriée, le Rosaire constitue une        aide, mais certainement pas un obstacle ? l&#8217;ścuménisme.</p>
<p class="justify"><em><strong>La voie de la contemplation</strong> </em></p>
<p class="justify">5. Cependant, la raison la plus importante de redécouvrir        avec force la pratique du Rosaire est le fait que ce dernier constitue un        moyen tr?s valable pour favoriser chez les fid?les <em>l&#8217;engagement de        contemplation du myst?re chrétien</em> que j&#8217;ai proposé dans la lettre        apostolique<em> <a  href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_letters/documents/hf_jp-ii_apl_20010106_novo-millennio-ineunte_fr.html">Novo        millennio ineunte</a> </em> comme une authentique &#8222;pédagogie de la        sainteté&#8221;: ? Il faut un christianisme qui se distingue avant tout dans<em> l&#8217;art de la pri?re</em> ?.<sup>9 </sup> Alors que dans la culture        contemporaine, m?me au milieu de nombreuses contradictions, affleure une        nouvelle exigence de spiritualité, suscitée aussi par les influences        d&#8217;autres religions, il est plus que jamais urgent que nos communautés        chrétiennes deviennent ? d&#8217;authentiques écoles de pri?re        ?.<sup>10</sup></p>
<p class="justify">Le Rosaire se situe dans la meilleure et dans la plus pure        tradition de la contemplation chrétienne. Développé en Occident, il est        une pri?re typiquement méditative et il correspond, en un sens, ? la ?        pri?re du cśur ? ou ? la ? pri?re de Jésus ?, qui a germé sur l&#8217;<em>humus </em> de l&#8217;Orient chrétien.</p>
<p class="justify"><em><strong>Pri?re pour la paix et pour la famille</strong> </em></p>
<p class="justify">6. Certaines circonstances historiques ont contribué ? une        meilleure actualisation du renouveau du Rosaire. La premi?re d&#8217;entre elles        est l&#8217;urgence d&#8217;implorer de Dieu le don de la paix. Le Rosaire a été ?        plusieurs reprises proposé par mes Prédécesseurs et par moi-m?me comme        pri?re pour la paix. Au début d&#8217;un millénaire, qui a commencé avec les        sc?nes horribles de l&#8217;attentat du 11 septembre 2001 et qui enregistre        chaque jour dans de nombreuses parties du monde de nouvelles situations de        sang et de violence, redécouvrir le Rosaire signifie s&#8217;immerger dans la        contemplation du myst?re de Celui ? qui est notre paix ?, ayant fait ? de        deux peuples un seul, détruisant la barri?re qui les séparait, c&#8217;est-?-        dire la haine ? (<em>Ep</em> 2, 14). On ne peut donc réciter le Rosaire sans        se sentir entraîné dans un engagement précis de service de la paix, avec        une attention particuli?re envers la terre de Jésus, encore si éprouvée,        et particuli?rement ch?re au cśur des chrétiens.</p>
<p class="justify">De mani?re analogue, il est urgent de s&#8217;engager et de prier        pour une autre situation critique de notre époque, <em>celle de la        famille</em> , cellule de la société, toujours plus attaquée par des forces        destructrices, au niveau idéologique et pratique, qui font craindre pour        l&#8217;avenir de cette institution fondamentale et irremplaçable, et, avec        elle, pour le devenir de la société enti?re. Dans le cadre plus large de        la pastorale familiale, le renouveau du Rosaire dans les familles        chrétiennes se propose comme une aide efficace pour endiguer les effets        dévastateurs de la crise actuelle.</p>
<p class="justify"><strong><em>? Voici ta m?re! ? </em> (<em>Jn </em> 19, 27)</strong></p>
<p class="justify">7. De nombreux signes montrent ce que la Vierge Sainte veut        encore réaliser aujourd&#8217;hui, précisément ? travers cette pri?re; cette        m?re attentive ? laquelle, dans la personne du disciple bien-aimé, le        Rédempteur confia au moment de sa mort tous les fils de l&#8217;Église: ? Femme,        voici ton Fils ? (<em>Jn</em> 19,26). Au cours du dix-neuvi?me et du        vingti?me si?cles, les diverses circonstances au cours desquelles la M?re        du Christ a fait en quelque sorte sentir sa présence et entendre sa voix        pour exhorter le Peuple de Dieu ? cette forme d&#8217;oraison contemplative sont        connues. En raison de la nette influence qu&#8217;elles conservent dans la vie        des chrétiens et ? cause de leur reconnaissance importante de la part de        l&#8217;Église, je désire rappeler en particulier les apparitions de Lourdes et        de Fatima,<sup>11 </sup> dont les sanctuaires respectifs constituent le but        de nombreux p?lerins ? la recherche de réconfort et d&#8217;espérance.</p>
<p class="justify"><em><strong>Sur les pas des témoins</strong> </em></p>
<p class="justify">8. Il serait impossible de citer la nuée innombrable de        saints qui ont trouvé dans le Rosaire une authentique voie de        sanctification. Il suffira de rappeler saint Louis Marie Grignion de        Montfort, auteur d&#8217;une śuvre précieuse sur le Rosaire,<sup>12 </sup> et        plus pr?s de nous, Padre Pio de Pietrelcina, qui j&#8217;ai eu récemment la joie        de canoniser. Le bienheureux Bartolo Longo eut un charisme spécial, celui        de véritable apôtre du Rosaire. Son chemin de sainteté s&#8217;appuie sur une        inspiration entendue au plus profond de son cśur: ? Qui propage le Rosaire        est sauvé! ?.<sup>13 </sup> ? partir de l?, il s&#8217;est senti appelé ?        construire ? Pompéi un sanctuaire dédié ? la Vierge du Saint Rosaire pr?s        des ruines de l&#8217;antique cité tout juste pénétrée par l&#8217;annonce évangélique        avant d&#8217;?tre ensevelie en 79 par l&#8217;éruption du Vésuve et de renaître de        ses cendres des si?cles plus tard, comme témoignage des lumi?res et des        ombres de la civilisation classique.</p>
<p class="justify">Par son śuvre enti?re, en particulier par les ? Quinze        Samedis ?, Bartolo Longo développa l&#8217;âme christologique et contemplative        du Rosaire; il trouva pour cela un encouragement particulier et un soutien        chez Léon XIII, le ? Pape du Rosaire ?.</p>
<p class="justify"> </p>
<p class="center"><strong>CHAPITRE I</strong></p>
<p class="center"><strong>CONTEMPLER LE CHRIST AVEC MARIE</strong></p>
<p class="justify"><em><strong>Un visage resplendissant comme le soleil</strong> </em></p>
<p class="justify">9. ? Et il fut transfiguré devant eux: son visage devint        brillant comme le soleil ? (<em>Mt</em> 17, 2). L&#8217;épisode évangélique de la        transfiguration du Christ, dans lequel les trois Apôtres Pierre, Jacques        et Jean apparaissent comme ravis par la beauté du Rédempteur, peut ?tre        considéré comme <em>icône de la contemplation chrétienne.</em> Fixer les        yeux sur le visage du Christ, en reconnaître le myst?re dans le chemin        ordinaire et douloureux de son humanité, jusqu&#8217;? en percevoir la splendeur        divine définitivement manifestée dans le Ressuscité glorifié ? la droite        du P?re, tel est le devoir de tout disciple du Christ; c&#8217;est donc aussi        notre devoir. En contemplant ce visage, nous nous préparons ? accueillir        le myst?re de la vie trinitaire, pour faire l&#8217;expérience toujours nouvelle        de l&#8217;amour du P?re et pour jouir de la joie de l&#8217;Esprit Saint. Se réalise        ainsi pour nous la parole de saint Paul: ? Nous reflétons tous la gloire        du Seigneur, et nous sommes transfigurés en son image, avec une gloire de        plus en plus grande, par l&#8217;action du Seigneur qui est Esprit ? (<em>2        Co</em> 3, 18).</p>
<p class="justify"><em><strong>Marie mod?le de contemplation</strong> </em></p>
<p class="justify">10. La contemplation du Christ trouve en Marie son <em>mod?le        indépassable. </em> Le visage du Fils lui appartient ? un titre spécial.        C&#8217;est dans son sein qu&#8217;il s&#8217;est formé, prenant aussi d&#8217;elle une        ressemblance humaine qui évoque une intimité spirituelle assurément encore        plus grande. Personne ne s&#8217;est adonné ? la contemplation du visage du        Christ avec autant d&#8217;assiduité que Marie. Déj? ? l&#8217;Annonciation,        lorsqu&#8217;elle conçoit du Saint-Esprit, les yeux de son cśur se concentrent        en quelque sorte sur Lui; au cours des mois qui suivent, elle commence ?        ressentir sa présence et ? en pressentir la physionomie. Lorsque enfin        elle lui donne naissance ? Bethléem, ses yeux de chair se portent aussi        tendrement sur le visage de son Fils tandis qu&#8217;elle l&#8217;enveloppe de langes        et le couche dans une cr?che (cf. <em>Lc </em> 2, 7).</p>
<p class="justify">? partir de ce moment-l?, son regard, toujours riche d&#8217;un        étonnement d&#8217;adoration, ne se détachera plus de Lui. Ce sera parfois <em>un        regard interrogatif</em> , comme dans l&#8217;épisode de sa perte au temple: ? Mon        enfant, pourquoi nous as-tu fait cela? ? (<em>Lc</em> 2, 48); ce sera dans        tous les cas <em>un regard pénétrant</em> , capable de lire dans l&#8217;intimité        de Jésus, jusqu&#8217;? en percevoir les sentiments cachés et ? en deviner les        choix, comme ? Cana (cf.<em>Jn</em> 2, 5); en d&#8217;autres occasions, ce sera        <em>un regard douloureux</em> , surtout au pied de la croix, oů il s&#8217;agira        encore, d&#8217;une certaine mani?re, du regard d&#8217;une &#8222;femme qui accouche&#8221;,        puisque Marie ne se limitera pas ? partager la passion et la mort du Fils        unique, mais qu&#8217;elle accueillera dans le disciple bien-aimé un nouveau        fils qui lui sera confié (cf. <em>Jn</em> 19, 26-27); au matin de Pâques, ce        sera <em>un regard radieux </em> en raison de la joie de la résurrection et,        enfin, <em>un regard ardent</em> lié ? l&#8217;effusion de l&#8217;Esprit au jour de la        Pentecôte (cf.<em>Ac </em> 1, 14).</p>
<p class="justify"><em><strong>Les souvenirs de Marie</strong> </em></p>
<p class="justify">11. Marie vit en gardant les yeux fixés sur le Christ, et        chacune de ses paroles devient pour elle un trésor: ? Elle retenait tous        ces événements et les méditait dans son cśur ? (<em>Lc </em> 2, 19; cf. 2,        51). Les souvenirs de Jésus, imprimés dans son esprit, l&#8217;ont accompagnée        en toute circonstance, l&#8217;amenant ? parcourir ? nouveau, en pensée, les        différents moments de sa vie aux côtés de son Fils. Ce sont ces souvenirs        qui, en un sens, ont constitué le &#8222;rosaire&#8221; qu&#8217;elle a constamment récité        au long des jours de sa vie terrestre.</p>
<p class="justify">Et maintenant encore, parmi les chants de joie de la        Jérusalem céleste, les motifs de son action de grâce et de sa louange        demeurent inchangés. Ce sont eux qui inspirent son attention maternelle        envers l&#8217;Église en p?lerinage, dans laquelle elle continue ? développer la        trame de son &#8222;récit&#8221; d&#8217;évangélisatrice. <em>Marie propose sans cesse aux        croyants les &#8222;myst?res&#8221; de son Fils</em> , avec le désir qu&#8217;ils soient        contemplés, afin qu&#8217;ils puissent libérer toute leur force salvifique.        Lorsqu&#8217;elle récite le Rosaire, la ommunauté chrétienne se met en syntonie        avec le souvenir et avec le regard de Marie.</p>
<p class="justify"><em><strong>Le Rosaire, pri?re contemplative</strong> </em></p>
<p class="justify">12. C&#8217;est précisément ? partir de l&#8217;expérience de Marie que        le Rosaire est <em>une pri?re nettement contemplative</em> . Privé de cette        dimension, il en serait dénaturé, comme le soulignait Paul VI: ? Sans la        contemplation, le Rosaire est un corps sans âme, et sa récitation court le        danger de devenir une répétition mécanique de formules et d&#8217;agir ?        l&#8217;encontre de l&#8217;avertissement de Jésus: &#8222;Quand vous priez, ne rabâchez pas        comme les paďens; ils s&#8217;imaginent qu&#8217;en parlant beaucoup, ils se feront        mieux écouter&#8221; (<em>Mt </em> 6, 7). Par nature, la récitation du Rosaire        exige que le rythme soit calme et que l&#8217;on prenne son temps, afin que la        personne qui s&#8217;y livre puisse mieux méditer les myst?res de la vie du        Seigneur, vus ? travers le cśur de Celle qui fut la plus proche du        Seigneur, et qu&#8217;ainsi s&#8217;en dégagent les insondables richesses        ?.<sup>14</sup></p>
<p class="justify">Il convient de nous arr?ter sur la pensée profonde de Paul        IV, pour faire apparaître certaines dimensions du Rosaire qui en        définissent mieux le caract?re propre de contemplation        christologique.</p>
<p class="justify"><em><strong>Se souvenir du Christ avec Marie</strong> </em></p>
<p class="justify">13. La contemplation de Marie est avant tout<em> le fait de        se souvenir</em> . Il faut cependant entendre ces paroles dans le sens        biblique de la mémoire (<em>zakar</em> ), qui rend présentes les śuvres        accomplies par Dieu dans l&#8217;histoire du salut. La Bible est le récit        d&#8217;événements salvifiques, qui trouvent leur sommet dans le Christ        lui-m?me. Ces événements ne sont pas seulement un &#8222;hier&#8221;; <em>ils sont        aussi l&#8217;aujourd&#8217;hui du salut.</em> Cette actualisation se réalise en        particulier dans la liturgie: ce que Dieu a accompli il y a des si?cles ne        concerne pas seulement les témoins directs des événements, mais rejoint        par son don de grâce l&#8217;homme de tous les temps. Cela vaut aussi d&#8217;une        certaine mani?re pour toute autre approche de dévotion concernant ces        événements: ? en faire mémoire ? dans une attitude de foi et d&#8217;amour        signifie s&#8217;ouvrir ? la grâce que le Christ nous a obtenue par ses myst?res        de vie, de mort et de résurrection.</p>
<p class="justify">C&#8217;est pourquoi, tandis qu&#8217;il faut rappeler avec le Concile        Vatican II que la liturgie, qui constitue la réalisation de la charge        sacerdotale du Christ et le culte public, est ? le sommet vers lequel tend        l&#8217;action de l&#8217;Église et en m?me temps la source d&#8217;oů découle toute sa        force ?,<sup>15 </sup> il convient aussi de rappeler que la vie spirituelle        ? n&#8217;est pas enfermée dans les limites de la participation ? la seule        sainte Liturgie. Le chrétien, appelé ? prier en commun, doit néanmoins        aussientrer dans sa chambre pour prier son P?re dans le secret (cf.<em> Mt</em> 6, 6) et doit m?me, selon l&#8217;enseignement de l&#8217;Apôtre, prier sans        relâche (cf. <em>1 Th</em> 5, 17) ?.<sup>16 </sup> Avec sa spécificité, le        Rosaire se situe dans ce panorama multicolore de la pri?re &#8222;incessante&#8221;        et, si la liturgie, action du Christ et de l&#8217;Église, est <em>l&#8217;action        salvifique par excellence</em> , le Rosaire, en tant que méditation sur le        Christ avec Marie, est <em>une contemplation salutaire. </em> Nous plonger en        effet, de myst?re en myst?re, dans la vie du Rédempteur, fait en sorte que        ce que le Christ a réalisé et ce que la liturgie actualise soient        profondément assimilés et mod?lent notre existence.</p>
<p class="justify"><em><strong>Par Marie, apprendre le Christ</strong> </em></p>
<p class="justify">14. Le Christ est le Maître par excellence, le révélateur et        la révélation. Il ne s&#8217;agit pas seulement d&#8217;apprendre ce qu&#8217;il nous a        enseigné, mais &#8222;<em>d&#8217;apprendre ? le connaître Lui</em> &#8222;. Et quel maître, en        ce domaine, serait plus expert que Marie? S&#8217;il est vrai que, du point de        vue divin, l&#8217;Esprit est le Maître intérieur qui nous conduit ? la vérité        tout enti?re sur le Christ (cf<em> Jn</em> 14, 26; 15, 26; 16, 13), parmi        les ?tres humains, personne mieux qu&#8217;elle ne connaît le Christ; nul autre        que sa M?re ne peut nous faire entrer dans une profonde connaissance de        son myst?re.</p>
<p class="justify">Le premier des &#8222;signes&#8221; accomplis par Jésus &#8211; la        transformation de l&#8217;eau en vin aux noces de Cana &#8211; nous montre justement        Marie en saqualité de maître, alors qu&#8217;elle invite les servants ? suivre        les instructions du Christ (cf. <em>Jn</em> 2, 5). Et nous pouvons penser        qu&#8217;elle a rempli cette fonction aupr?s des disciples apr?s l&#8217;Ascension de        Jésus, quand elle demeura avec eux dans l&#8217;attente de l&#8217;Esprit Saint et        qu&#8217;elle leur apporta le réconfort dans leur premi?re mission. Cheminer        avec Marie ? travers les sc?nes du Rosaire, c&#8217;est comme se mettre ?        &#8222;l&#8217;école&#8221; de Marie pour lire le Christ, pour en pénétrer les secrets, pour        en comprendre le message.</p>
<p class="justify">L&#8217;école de Marie est une école tout particuli?rement        efficace si l&#8217;on consid?re que Marie l&#8217;accomplit en nous obtenant        l&#8217;abondance des dons de l&#8217;Esprit Saint, en nous offrant aussi l&#8217;exemple du        ? p?lerinage dans la foi ?<sup>17 </sup> dont elle est un maître        incomparable. Face ? chaque myst?re de son Fils, elle nous invite, comme        elle le fit ? l&#8217;Annonciation, ? poser humblement les questions qui ouvrent        sur la lumi?re, pour finir toujours par l&#8217;obéissance de la foi: ? Je suis        la servante du Seigneur; que tout se passe pour moi selon ta parole! ?        (<em>Lc</em> 1, 38).</p>
<p class="justify"><em><strong>Se conformer au Christ avec Marie</strong> </em></p>
<p class="justify">15. La spiritualité chrétienne a pour caractéristique        fondamentale l&#8217;engagement du disciple ? &#8222;se conformer&#8221; toujours plus        pleinement ? son Maître (cf.<em> Rm</em> 8, 29;<em> Ph</em> 3, 10.21). Par        l&#8217;effusion de l&#8217;Esprit reçu au Bapt?me, le croyant est greffé, comme un        sarment, sur la vigne qu&#8217;est le Christ (cf. <em>Jn </em> 15, 5), il est        constitué membre de son Corps mystique (cf.<em> 1Co </em> 12, 12;<em> Rm</em> 12, 5). Mais ? cette unité initiale doit correspondre un cheminement de        ressemblance croissante avec lui qui oriente toujours plus le comportement        du disciple dans le sens de la &#8222;logique&#8221; du Christ: ? Ayez entre vous les        dispositions que l&#8217;on doit avoir dans le Christ Jésus ? (<em>Ph</em> 2, 5).        Selon les paroles de l&#8217;Apôtre, il faut ? se rev?tir du Seigneur Jésus        Christ ? (cf.<em> Rm</em> 13, 14;<em> Ga</em> 3, 27).</p>
<p class="justify">Dans le parcours spirituel du Rosaire, fondé sur la        contemplation incessante &#8211; en compagnie de Marie &#8211; du visage du Christ, on        est appelé ? poursuivre un tel idéal exigeant de se conformer ? Lui grâce        ? une fréquentation que nous pourrions dire &#8222;amicale&#8221;. Elle nous fait        entrer de mani?re naturelle dans la vie du Christ et pour ainsi dire        &#8222;respirer&#8221; ses sentiments. Le bienheureux Bartolo Longo dit ? ce propos: ?        De m?me que deux amis qui se retrouvent souvent ensemble finissent par se        ressembler m?me dans la mani?re de vivre, de m?me, nous aussi, en parlant        famili?rement avec Jésus et avec la Vierge, par la méditation des Myst?res        du Rosaire, et en formant ensemble une m?me vie par la Communion, nous        pouvons devenir, autant que notre bassesse le permet, semblables ? eux et        apprendre par leurs exemples sublimes ? vivre de mani?re humble, pauvre,        cachée, patiente et parfaite ?.<sup>18 </sup></p>
<p class="justify">Grâce ? ce processus de configuration au Christ, par le        Rosaire, nous nous confions tout particuli?rement ? l&#8217;action maternelle de        la Vierge Sainte. Tout en faisant partie de l&#8217;Église comme membre qui ?        tient la place la plus élevée et en m?me temps la plus proche de nous ?        ,<sup>19 </sup> elle, qui est la m?re du Christ, est en m?me temps la &#8222;M?re        de l&#8217;Église&#8221;. Et comme telle, elle &#8222;engendre&#8221; continuellement des fils        pour le Corps mystique de son Fils. Elle le fait par son intercession, en        implorant pour eux l&#8217;effusion inépuisable de l&#8217;Esprit. Elle est <em>l&#8217;icône        parfaite de la maternité de l&#8217;Église.</em></p>
<p class="justify">Mystiquement, le Rosaire nous transporte aupr?s de Marie,        dans la maison de Nazareth, oů elle est occupée ? accompagner la        croissance humaine du Christ. Par ce biais, elle peut nous éduquer et nous        modeler avec la m?me sollicitude, jusqu&#8217;? ce que le Christ soit ? formé ?        pleinement en nous (cf.<em> Ga </em> 4,19). Cette action de Marie, totalement        enracinée dans celle du Christ et dans une radicale subordination ? elle,        ? n&#8217;emp?che en aucune mani?re l&#8217;union immédiate des croyants avec le        Christ, au contraire elle la favorise ?.<sup>20 </sup> Tel est le lumineux        principe exprimé parle Concile VaticanII, dont j&#8217;ai si fortement fait        l&#8217;expérience dans ma vie, au point d&#8217;en faire le noyau de ma devise        épiscopale &#8222;<em>Totus tuus</em> &#8222;.<sup>21 </sup> Comme on le sait, il s&#8217;agit        d&#8217;une devise inspirée par la doctrine de saint Louis Marie Grignion de        Montfort, qui expliquait ainsi le rôle de Marie pour chacun de nous dans        le processus de configuration au Christ: ? <em>Toute notre perfection        consistant ? ?tre conformes, unis et consacrés ? Jésus Christ</em> , la plus        parfaite de toutes les dévotions est sans difficulté celle qui nous        conforme, unit et consacre le plus parfaitement ? Jésus Christ. Or, Marie        étant de toutes les créatures la plus conforme ? Jésus Christ, il s&#8217;ensuit        que, de toutes les dévotions, celle qui consacre et conforme le plus une        âme ? Notre-Seigneur est la dévotion ? la Tr?s Sainte Vierge, sa sainte        M?re, et que plus une âme sera consacrée ? Marie, plus elle le sera ?        Jésus Christ ?.<sup>22 </sup> Jamais comme dans le Rosaire, le chemin du        Christ et celui de Marie n&#8217;apparaissent aussi étroitement unis. Marie ne        vit que dans le Christ et en fonction du Christ!</p>
<p class="justify"><em><strong>Supplier le Christ avec Marie</strong> </em></p>
<p class="justify">16. Le Christ nous a invités ? nous tourner vers Dieu avec        confiance et persévérance pour ?tre exaucés: ? Demandez et l&#8217;on vous        donnera; cherchez et vous trouverez; frappez et l&#8217;on vous ouvrira ? (<em>Mt </em> 7,7). Le fondement de cette efficacité de la pri?re, c&#8217;est la bonté du        P?re, mais aussi la médiation du Christ lui-m?me aupr?s de Lui (cf.<em> 1Jn </em> 2,1) et l&#8217;action de l&#8217;Esprit Saint, qui ? interc?de pour nous ? selon        le dessein de Dieu (cf. <em>Rm</em> 8, 26-27). Car nous-m?mes, ? nous ne        savons pas prier comme il faut ? (<em>Rm </em> 8, 26) et parfois nous ne        sommes pas exaucés parce que ? nous prions mal ? (cf.<em> Jc</em> 4,        2-3).</p>
<p class="justify">Par son intercession maternelle, Marie intervient pour        soutenir la pri?re que le Christ et l&#8217;Esprit font jaillir de notre cśur. ?        La pri?re de l&#8217;Église est comme portée par la pri?re de Marie ?.<sup>23 </sup> En effet, si Jésus, l&#8217;unique Médiateur, est la Voie de notre pri?re,        Marie, qui est pure transparence du Christ, nous montre la voie, et ?        c&#8217;est ? partir de cette coopération singuli?re de Marie ? l&#8217;action de        l&#8217;Esprit Saint que les Églises ont développé la pri?re ? la sainte M?re de        Dieu, en la centrant sur la Personne du Christ manifestée dans ses        myst?res ?.<sup>24</sup> Aux noces de Cana, l&#8217;Évangile montre précisément        l&#8217;efficacité de l&#8217;intercession de Marie qui se fait aupr?s de Jésus le        porte-parole des besoins de l&#8217;humanité: ? Ils n&#8217;ont plus de vin ? (<em>Jn </em> 2,3).</p>
<p class="justify">Le Rosaire est ? la fois méditation et supplication.        L&#8217;imploration insistante de la M?re deDieu s&#8217;appuie sur la certitude        confiante que son intercession maternelle est toute puissante sur le cśur        de son Fils. Elle est ? toute puissante par grâce ?, comme disait, dans        une formule dont il faut bien comprendre l&#8217;audace, le bienheureux Bartolo        Longo dans la <em>Supplique ? la Vierge</em> .<sup>25 </sup> C&#8217;est une        certitude qui, partant de l&#8217;Évangile, n&#8217;a cessé de se renforcer ? travers        l&#8217;expérience du peuple chrétien. Le grand po?te Dante s&#8217;en fait        magnifiquement l&#8217;interpr?te quand il chante, en suivant saint Bernard: ?        Dame, tu es si grande et de valeur si haute / que qui veut une grâce et ?        toi ne vient pas / il veut que son désir vole sans ailes ?.<sup>26 </sup> Dans le Rosaire, tandis que nous la supplions, Marie, Sanctuaire de        l&#8217;Esprit Saint (cf.<em>Lc</em> 1, 35), se tient pour nous devant le P?re,        qui l&#8217;a comblée de grâce, et devant le Fils, qu&#8217;elle a mis au monde,        priant avec nous et pour nous.</p>
<p class="justify"><em><strong>Annoncer le Christ avec Marie</strong> </em></p>
<p class="justify">17. Le Rosaire est aussi <em>un parcours d&#8217;annonce et        d&#8217;approfondissement</em> , au long duquel le myst?re du Christ est        constamment représenté aux divers niveaux de l&#8217;expérience chrétienne. Il        s&#8217;agit d&#8217;une présentation orante et contemplative, qui vise ? façonner le        disciple selon le cśur du Christ. Si, dans la récitation du Rosaire, tous        les éléments permettant une bonne méditation sont en effet mis en valeur        de mani?re appropriée, il y a la possibilité, spécialement dans la        célébration communautaire en paroisse ou dans les sanctuaires, d&#8217;une        <em>catéch?se significative </em> que les Pasteurs doivent savoir exploiter.        De cette mani?re aussi, la Vierge du Rosaire continue son śuvre d&#8217;annonce        du Christ. L&#8217;histoire du Rosaire montre comment cette pri?re a été        utilisée, spécialement par les Dominicains, dans un moment difficile pour        l&#8217;Église ? cause de la diffusion de l&#8217;hérésie. Aujourd&#8217;hui, nous nous        trouvons face ? de nouveaux défis. Pourquoi ne pas reprendre en main le        chapelet avec la m?me foi que nos prédécesseurs? Le Rosaire conserve toute        sa force et reste un moyen indispensable dans le bagage pastoral de tout        bon évangélisateur.</p>
<p class="justify"> </p>
<p class="center"><strong>CHAPITRE II</strong></p>
<p class="center"><strong>MYST?RES DU CHRIST -<br />
MYST?RES DE SA        M?RE</strong>
</p>
<p class="justify"><em><strong>Le Rosaire, ? résumé de l&#8217;Évangile ?</strong> </em></p>
<p class="justify">18. Pour ?tre introduit dans la contemplation du visage du        Christ, il faut écouter, dans l&#8217;Esprit, la voix du P?re, car ? nul ne        connaît le Fils si ce n&#8217;est le P?re ? (<em>Mt </em> 11, 27). Pr?s de Césarée        de Philippe, ? l&#8217;occasion de la profession de foi de Pierre, Jésus        précisera l&#8217;origine de cette intuition si lumineuse concernant son        identité: ? Ce n&#8217;est pas la chair et le sang qui t&#8217;ont révélé cela, mais        mon P?re qui est aux cieux ? (<em>Mt </em> 16, 17). La révélation d&#8217;en haut        est donc nécessaire. Mais pour l&#8217;accueillir, il est indispensable de se        mettre ? l&#8217;écoute: ? Seule<em> l&#8217;expérience du silence et de la pri?re</em> offre le cadre approprié dans lequel la connaissance la plus vraie, la        plus fid?le et la plus cohérente de ce myst?re peut műrir et se développer        ?.<sup>27</sup></p>
<p class="justify">Le Rosaire est l&#8217;un des parcours traditionnels de la pri?re        chrétienne qui s&#8217;attache ? la contemplation du visage du Christ. Le Pape        Paul VI le décrivait ainsi: ? Pri?re évangélique centrée sur le myst?re de        l&#8217;Incarnation rédemptrice,<em> le Rosaire </em> a donc une orientation        nettement christologique. En effet, son élément le plus caractéristique &#8211;        la répétition litanique de l&#8217;<em>Ave Maria </em> &#8211; devient lui aussi une        louange incessante du Christ, objet ultime de l&#8217;annonce de l&#8217;Ange et de la        salutation de la m?re du Baptiste: &#8222;Le fruit de tes entrailles est béni&#8221;        (<em>Lc</em> 1, 42). Nous dirons m?me plus: la répétition de l&#8217;<em>Ave        Maria</em> constitue la trame sur laquelle se développe la contemplation        des myst?res: le Jésus de chaque <em>Ave Maria </em> est celui m?me que la        succession des myst?res nous propose tour ? tour Fils de Dieu et de la        Vierge ?.<sup>28 </sup></p>
<p class="justify"><em><strong>Une intégration appropriée</strong> </em></p>
<p class="justify">19. Parmi tous les myst?res de la vie du Christ, le Rosaire,        tel qu&#8217;il s&#8217;est forgé dans la pratique la plus courante approuvée par        l&#8217;autorité ecclésiale, n&#8217;en retient que quelques-uns. Ce choix s&#8217;est        imposé ? cause de la trame originaire de cette pri?re, qui s&#8217;organisa ?        partir du nombre 150, correspondant ? celui des Psaumes.</p>
<p class="justify">Afin de donner une consistance nettement plus christologique        au Rosaire, il me semble toutefois qu&#8217;un ajout serait opportun; tout en le        laissant ? la libre appréciation des personnes et des communautés, cela        pourrait permettre de prendre en compte également <em>les myst?res de la        vie publique du Christ</em> entre le Bapt?me et la Passion. Car c&#8217;est dans        l&#8217;espace de ces myst?res que nous contemplons des aspects importants de la        personne du Christ en tant que révélateur définitif de Dieu. Proclamé Fils        bien-aimé du P?re lors du Bapt?me dans le Jourdain, il est Celui qui        annonce la venue du Royaume, en témoigne par ses śuvres, en proclame les        exigences. C&#8217;est tout au long des années de sa vie publique que <em>le        myst?re du Christ se rév?le ? un titre spécial comme myst?re de lumi?re: </em> ? Tant que je suis dans le monde, je suis la lumi?re du monde ?        (<em>Jn</em> 9,5).</p>
<p class="justify">Pour que l&#8217;on puisse dire de mani?re compl?te que le Rosaire        est un &#8222;<em>résumé</em> de l&#8217;Évangile&#8221;, il convient donc que, apr?s avoir        rappelé l&#8217;incarnation et la vie cachée du Christ (<em>myst?res joyeux</em> ),        et avant de s&#8217;arr?ter sur les souffrances de la passion (<em>myst?res        douloureux</em> ), puis sur le triomphe de la résurrection (<em>myst?res        glorieux</em> ), la méditation se tourne aussi vers quelques moments        particuli?rement significatifs de la vie publique (<em>myst?res        lumineux</em> ). Cet ajout de nouveaux myst?res, sans léser aucun aspect        essentiel de l&#8217;assise traditionnelle de cette pri?re, a pour but de la        placer dans la spiritualité chrétienne, avec une attention renouvelée,        comme une authentique introduction aux profondeurs du Cśur du Christ,        abîme de joie et de lumi?re, de douleur et de gloire.</p>
<p class="justify"><em><strong>Myst?res joyeux</strong> </em></p>
<p class="justify">20. Le premier cycle, celui des &#8222;myst?res joyeux&#8221;, est        effectivement caractérisé par <em>la joie qui rayonne de l&#8217;événement de        l&#8217;Incarnation</em> Cela est évident d?s l&#8217;Annonciation oů le salut de        l&#8217;Ange Gabriel ? la Vierge de Nazareth rappelle l&#8217;invitation ? la joie        messianique: ? Réjouis-toi, Marie ?. Toute l&#8217;histoire du salut, bien plus        en un sens, l&#8217;histoire m?me du monde, aboutit ? cette annonce. En effet,        si le dessein du P?re est de récapituler toutes choses dans le Christ        (cf.<em> Ep</em> 1,10), c&#8217;est l&#8217;univers entier qui, d&#8217;une certaine mani?re,        est touché par la faveur divine avec laquelle le P?re se penche sur Marie        pour qu&#8217;elle devienne la M?re de son Fils. ? son tour, toute l&#8217;humanité se        trouve comme contenue dans le<em> fiat</em> par lequel elle correspond avec        promptitude ? la volonté de Dieu.</p>
<p class="justify">C&#8217;est une note d&#8217;exultation qui marque la sc?ne de la        rencontre avec Élisabeth, oů la voix de Marie et la présence du Christ en        son sein font que Jean ? tressaille d&#8217;allégresse ? (cf. <em>Lc</em> 1,44).        Une atmosph?re de liesse baigne la sc?ne de Bethléem, oů la naissance de        l&#8217;Enfant divin, le Sauveur du monde, est chantée par les anges et annoncée        aux bergers justement comme ? une grande joie ? (<em>Lc </em> 2, 10).</p>
<p class="justify">Mais, les deux derniers myst?res, qui conservent toutefois        cette note de joie, <em>anticipent les signes du drame</em> . En effet, la        présentation au temple, tout en exprimant la joie de la consécration et en        plongeant le vieillard Syméon dans l&#8217;extase, souligne aussi la prophétie        du ? signe en butte ? la contradiction ? que sera l&#8217;Enfant pour Israël et        de l&#8217;épée qui transpercera l&#8217;âme de sa M?re (cf.<em> Lc</em> 2, 34-35).        L&#8217;épisode de Jésus au temple, lorsqu&#8217;il eut douze ans, est lui aussi tout        ? la fois joyeux et dramatique. Il se dévoile l? dans sa divine sagesse        tandis qu&#8217;il écoute et interroge; et il se présente essentiellement comme        celui qui &#8222;enseigne&#8221;. La révélation de son myst?re de Fils tout entier        consacré aux choses du P?re est une annonce de la radicalité évangélique        qui remet en cause les liens m?me les plus chers ? l&#8217;homme face aux        exigences absolues du Royaume. Joseph et Marie eux-m?mes, émus et        angoissés, ? ne comprirent pas ? ses paroles (<em>Lc</em> 2,50).</p>
<p class="justify">Méditer les myst?res &#8222;joyeux&#8221; veut donc dire entrer dans les        motivations ultimes et dans la signification profonde de la joie        chrétienne. Cela revient ? fixer les yeux sur la dimension concr?te du        myst?re de l&#8217;Incarnation et sur une annonce encore obscure et voilée du        myst?re de la souffrance salvifique. Marie nous conduit ? la connaissance        du secret de la joie chrétienne, en nous rappelant que le christianisme        est avant tout<em> euangelion</em> , &#8222;bonne nouvelle&#8221;, dont le centre, plus        encore le contenu lui-m?me, réside dans la personne du Christ, le Verbe        fait chair, l&#8217;unique Sauveur du monde.</p>
<p class="justify"><em><strong>Myst?res lumineux</strong> </em></p>
<p class="justify">21. Passant de l&#8217;enfance de Jésus et de la vie ? Nazareth ?        sa vie publique, nous sommes amenés ? contempler ces myst?res que l&#8217;on        peut appeler, ? un titre spécial, &#8222;myst?res de lumi?re&#8221;. En réalité,        <em>c&#8217;est tout le myst?re du Christ qui est lumi?re</em> . Il est la ?        lumi?re du monde ? (<em>Jn</em> 8,12). Mais cette dimension est        particuli?rement visible<em> durant les années de sa vie publique</em> ,        lorsqu&#8217;il annonce l&#8217;Évangile du Royaume. Si l&#8217;on veut indiquer ? la        communauté chrétienne cinq moments significatifs &#8211; myst?res &#8222;lumineux&#8221; &#8211;        de cette période de la vie du Christ, il me semble que l&#8217;on peut les        mettre ainsi en évidence: 1. au moment de son Bapt?me au Jourdain, 2. dans        son auto-révélation aux noces de Cana, 3. dans l&#8217;annonce du Royaume de        Dieu avec l&#8217;invitation ? la conversion, 4. dans sa Transfiguration et        enfin 5. dans l&#8217;institution de l&#8217;Eucharistie, expression sacramentelle du        myst?re pascal.</p>
<p class="justify">Chacun de ces myst?res est <em>une révélation du Royaume        désormais présent dans la personne de Jésus.</em></p>
<p class="justify">Le Bapt?me au Jourdain est avant tout un myst?re de lumi?re.        En ce lieu, alors que le Christ descend dans les eaux du fleuve comme        l&#8217;innocent qui se fait &#8222;péché&#8221; pour nous (cf. 2 <em>Co </em> 5, 21), les        cieux s&#8217;ouvrent, la voix du P?re le proclame son Fils bien-aimé (cf.<em> Mt </em> 3, 17 par), tandis que l&#8217;Esprit descend sur Lui pour l&#8217;investir de la        mission qui l&#8217;attend. Le début des signes ? Cana est un myst?re de lumi?re        (cf. <em>Jn</em> 2, 1-12), au moment oů le Christ, changeant l&#8217;eau en vin,        ouvre le cśur des disciples ? la foi grâce ? l&#8217;intervention de Marie, la        premi?re des croyantes. C&#8217;est aussi un myst?re de lumi?re que la        prédication par laquelle Jésus annonce l&#8217;av?nement du Royaume de Dieu et        invite ? la conversion (cf.<em> Mc </em> 1,15), remettant les péchés de ceux        qui s&#8217;approchent de Lui avec une foi humble (cf.<em> Mc</em> 2, 3- 13;        <em>Lc</em> 7, 47-48); ce minist?re de miséricorde qu&#8217;il a commencé, il le        poursuivra jusqu&#8217;? la fin des temps, principalement ? travers le sacrement        de la Réconciliation, confié ? son Église (cf.<em> Jn </em> 20, 22-23). La        Transfiguration est le myst?re de lumi?re par excellence. Selon la        tradition, elle survint sur le Mont Thabor. La gloire de la divinité        resplendit sur le visage du Christ, tandis que, aux Apôtres en extase, le        P?re le donne ? reconnaître pour qu&#8217;ils &#8222;l&#8217;écoutent&#8221; (cf.<em> Lc</em> 9,35        par) et qu&#8217;ils se préparent ? vivre avec Lui le moment douloureux de la        Passion, afin de parvenir avec Lui ? la joie de la Résurrection et ? une        vie transfigurée par l&#8217;Esprit Saint. Enfin, c&#8217;est un myst?re de lumi?re        que l&#8217;institution de l&#8217;Eucharistie dans laquelle le Christ se fait        nourriture par son Corps et par son Sang sous les signes du pain et du        vin, donnant &#8222;jusqu&#8217;au bout&#8221; le témoignage de son amour pour l&#8217;humanité        (<em>Jn</em> 13,1), pour le salut de laquelle il s&#8217;offrira en sacrifice.</p>
<p class="justify">Dans ces myst?res, ? l&#8217;exception de Cana,<em> Marie n&#8217;est        présente qu&#8217;en arri?re-fond. </em> Les Évangiles ne font que quelques br?ves        allusions ? sa présence occasionnelle ? un moment ou ? un autre de la        prédication de Jésus (cf.<em> Mc</em> 3,31-35;<em> Jn</em> 2,12), et ils ne        disent rien ? propos de son éventuelle présence au Cénacle au moment de        l&#8217;institution de l&#8217;Eucharistie. Mais la fonction qu&#8217;elle remplit ? Cana        accompagne, d&#8217;une certaine mani?re, tout le parcours du Christ. La        révélation qui, au moment du Bapt?me au Jourdain, est donnée directement        par le P?re et dont le Baptiste se fait l&#8217;écho, est sur ses l?vres ? Cana        et devient la grande recommandation que la M?re adresse ? l&#8217;Église de tous        les temps: ? Faites tout ce qu&#8217;il vous dira ? (<em>Jn</em> 2, 5). C&#8217;est une        ecommandation qui nous fait entrer dans les paroles et dans les signes du        Christ durant sa vie publique, constituant le fond marial de tous les        &#8222;myst?res de lumi?re&#8221;.</p>
<p class="justify"><em><strong>Myst?res douloureux</strong> </em></p>
<p class="justify">22. Les Évangiles donnent une grande importance aux myst?res        douloureux du Christ. Depuis toujours la piété chrétienne, spécialement        pendant le Car?me ? travers la pratique du chemin de Croix, s&#8217;est arr?tée        sur chaque moment de la Passion, comprenant que l? se trouve le <em>point        culminant de la révélation de l&#8217;amour </em> et que l? aussi se trouve la        source de notre salut. Le Rosaire choisit certains moments de la Passion,        incitant la personne qui prie ? les fixer avec le regard du cśur et ? les        revivre. Le parcours de la méditation s&#8217;ouvre sur Gethsémani, oů le Christ        vit un moment particuli?rement angoissant, confronté ? la volonté du P?re        face ? laquelle la faiblesse de la chair serait tentée de se rebeller. ?        ce moment-l?, le Christ se tient dans le lieu de toutes les tentations de        l&#8217;humanité et face ? tous les péchés de l&#8217;humanité pour dire au P?re: ?        Que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne! ? (<em>Lc</em> 22, 42 par). Son &#8222;oui&#8221; efface le &#8222;non&#8221; de nos premiers parents au jardin        d&#8217;Eden. Et ce qu&#8217;il doit lui en coűter d&#8217;adhérer ? la volonté du P?re        apparaît dans les myst?res suivants, la flagellation, le couronnement        d&#8217;épines, la montée au Calvaire, la mort en croix, par lesquels il est        plongé dans la plus grande abjection:<em> Ecce homo! </em></p>
<p class="justify">Dans cette abjection se rév?le non seulement l&#8217;amour de Dieu        mais le sens m?me de l&#8217;homme.<em> Ecce homo</em> : qui veut connaître l&#8217;homme        doit savoir en reconnaître le sens, l&#8217;origine et l&#8217;accomplissement dans le        Christ, Dieu qui s&#8217;abaisse par amour ? jusqu&#8217;? la mort, et ? la mort sur        une croix ? (<em>Ph</em> 2,8). Les myst?res douloureux conduisent le croyant        ? revivre la mort de Jésus en se mettant au pied de la croix, pr?s de        Marie, pour pénétrer avec elle dans les profondeurs de l&#8217;amour de Dieu        pour l&#8217;homme et pour en sentir toute la force régénératrice.</p>
<p class="justify"><em><strong>Myst?res glorieux</strong> </em></p>
<p class="justify">23. ? La contemplation du visage du Christ ne peut s&#8217;arr?ter        ? son image de crucifié. Il est le Ressuscité! ?.<sup>29 </sup> Depuis        toujours le Rosaire exprime cette conscience de la foi, invitant le        croyant ? aller au-del? de l&#8217;obscurité de la Passion, pour fixer son        regard sur la gloire du Christ dans la Résurrection et dans l&#8217;Ascension.        En contemplant le Ressuscité, le chrétien <em>redécouvre les raisons de sa        propre foi </em> (cf. <em>1Co</em> 15,14), et il revit la joie non seulement        de ceux ? qui le Christ s&#8217;est manifesté &#8211; les Apôtres, Marie-Madeleine,        les disciples d&#8217;Emmaüs -, mais aussi <em>la joie de Marie</em> , qui a dű        faire une expérience non moins intense de la vie nouvelle de son Fils        glorifié. ? cette gloire qui, par l&#8217;Ascension, place le Christ ? la droite        du P?re, elle sera elle-m?me associée par l&#8217;Assomption, anticipant, par un        privil?ge tr?s spécial, la destinée réservée ? tous les justes par la        résurrection de la chair. Enfin, couronnée de gloire &#8211; comme on le voit        dans le dernier myst?reglorieux -, elle brille comme Reine desAnges et des        Saints, anticipation et sommet de la condition eschatologique de        l&#8217;Église.</p>
<p class="justify">Dans le troisi?me myst?re glorieux, le Rosaire place au        centre de ce parcours glorieux du Fils et de sa M?re la Pentecôte, qui        montre le visage de l&#8217;Église comme famille unie ? Marie, ravivée par        l&#8217;effusion puissante de l&#8217;Esprit et pr?te pour la mission évangélisatrice.        La contemplation de ce myst?re, comme des autres myst?res glorieux, doit        inciter les croyants ? prendre une conscience toujours plus vive de leur        existence nouvelle dans le Christ, dans la réalité de l&#8217;Église, existence        dont la sc?ne de la Pentecôte constitue la grande &#8222;icône&#8221;. Les myst?res        glorieux nourrissent ainsi chez les croyants <em>l&#8217;espérance de la fin        eschatologique </em> vers laquelle ils sont en marche comme membres du        peuple de Dieu qui chemine ? travers l&#8217;histoire. Ceci ne peut pas ne pas        les pousser ? témoigner avec courage de cette ? joyeuse annonce ? qui        donne sens ? toute leur existence.</p>
<p class="justify"><em><strong>Des myst?res au Myst?re: le chemin de  Marie</strong> </em></p>
<p class="justify">24. Ces cycles de méditation proposés par le Saint Rosaire        ne sont certes pas exhaustifs, mais ils rappellent l&#8217;essentiel, donnant ?        l&#8217;esprit le goűt d&#8217;une connaissance du Christ qui puise continuellement ?        la source pure du texte évangélique. Chaque trait singulier de la vie du        Christ, tel qu&#8217;il est raconté par les Évangélistes, brille de ce Myst?re        qui surpasse toute connaissance (cf.<em> Ep </em> 3, 19). C&#8217;est le myst?re du        Verbe fait chair, en qui, ? dans son propre corps, habite la plénitude de        la divinité ? (cf. <em>Col</em> 2, 9). C&#8217;est pourquoi le <em>Catéchisme de        l&#8217;Église catholique</em> insiste tant sur les myst?res du Christ, rappelant        que ? toute la vie de Jésus est signe de son myst?re ?.<sup>30 </sup> Le ?        <em>duc in altum</em> ? de l&#8217;Église dans le troisi?me millénaire se mesure ?        la capacité des chrétiens de ? pénétrer le myst?re de Dieu, dans lequel se        trouvent, cachés, tous les trésors de la sagesse et de la connaissance ?        (<em>Col </em> 2, 2-3). C&#8217;est ? chaque baptisé que s&#8217;adresse le souhait        ardent de la lettre aux Éphésiens: ? Que le Christ habite en vos cśurs par        la foi; restez enracinés dans l&#8217;amour, établis dans l&#8217;amour. Ainsi [...]        vous connaîtrez l&#8217;amour du Christ qui surpasse toute connaissance. Alors        vous serez comblés jusqu&#8217;? entrer dans la plénitude de Dieu ? (3,        17-19).</p>
<p class="justify">Le Rosaire se met au service de cet idéal, livrant le        &#8222;secret&#8221; qui permet de s&#8217;ouvrir plus facilement ? une connaissance du        Christ qui est profonde et qui engage. Nous pourrions l&#8217;appeler<em> le        chemin de Marie. </em> C&#8217;est le chemin de l&#8217;exemple de la Vierge de        Nazareth, femme de foi, de silence et d&#8217;écoute. C&#8217;est en m?me temps le        chemin d&#8217;une dévotion mariale, animée de la conscience du rapport        indissoluble qui lie le Christ ? sa tr?s sainte M?re: <em>les myst?res du        Christ </em> sont aussi, dans un sens, <em>les myst?res de sa M?re</em> , m?me        quand elle n&#8217;y est pas directement impliquée, par le fait m?me qu&#8217;elle vit        de Lui et par Lui. Faisant nôtres dans l&#8217;<em>Ave Maria</em> les paroles de        l&#8217;Ange Gabriel et de sainte Élisabeth, nous nous sentons toujours poussés        ? chercher d&#8217;une mani?re nouvelle en Marie, entre ses bras et dans son        cśur, le ? fruit béni de ses entrailles ? (cf.<em>Lc</em> 1, 42).</p>
<p class="justify"><em><strong>Myst?re du Christ, &#8222;myst?re&#8221; de l&#8217;homme</strong> </em></p>
<p class="justify">25. Dans mon témoignage de 1978, évoqué ci-dessus, sur le        Rosaire, ma pri?re préférée, j&#8217;exprimais une idée sur laquelle je voudrais        revenir. Je disais alors que ? la pri?re toute simple du Rosaire s&#8217;écoule        au rythme de la vie humaine ?.<sup>31</sup></p>
<p class="justify">? la lumi?re des réflexions faites jusqu&#8217;ici sur les        myst?res du Christ, il n&#8217;est pas difficile d&#8217;approfondir <em>l&#8217;implication        anthropologique </em> du Rosaire, une implication plus radicale qu&#8217;il n&#8217;y        paraît ? premi?re vue. Celui qui se met ? contempler le Christ en faisant        mémoire des étapes de sa vie ne peut pas ne pas découvrir aussi en Lui la        vérité sur l&#8217;homme. C&#8217;est la grande affirmation du Concile Vatican II,        dont j&#8217;ai si souvent fait l&#8217;objet de mon magist?re, depuis l&#8217;encyclique<em> <a  href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_04031979_redemptor-hominis_fr.html">Redemptor        hominis</a> : ? </em> En réalité, le myst?re de l&#8217;homme ne s&#8217;éclaire vraiment        que dans le myst?re du Verbe incarné ?.<sup>32 </sup> Le Rosaire aide ?        s&#8217;ouvrir ? cette lumi?re. En suivant le chemin du Christ, en qui le chemin        de l&#8217;homme est ? récapitulé ?,<sup>33 </sup> dévoilé et racheté, le croyant        se place face ? l&#8217;image de l&#8217;homme véritable. En contemplant sa naissance,        il découvre le caract?re sacré de la vie; en regardant la maison de        Nazareth, il apprend la vérité fondatrice de la famille selon le dessein        de Dieu; en écoutant le Maître dans les myst?res de sa vie publique, il        atteint la lumi?re qui permet d&#8217;entrer dans le Royaume de Dieu et, en le        suivant sur le chemin du Calvaire, il apprend le sens de la souffrance        salvifique. Enfin, en contemplant le Christ et sa M?re dans la gloire, il        voit le but auquel chacun de nous est appelé, ? condition de se laisser        guérir et transfigurer par l&#8217;Esprit Saint.</p>
<p class="justify">On peut dire ainsi que chaque myst?re du Rosaire, bien        médité, éclaire le myst?re de l&#8217;homme.</p>
<p class="justify">En m?me temps, il devient naturel d&#8217;apporter ? cette        rencontre avec la sainte humanité du Rédempteur les nombreux probl?mes,        préoccupations, labeurs et projets qui marquent notre vie. ? Décharge ton        fardeau sur le Seigneur: il prendra soin de toi ? (<em>Ps</em> 55 [54], 23).        Méditer le Rosaire consiste ? confier nos fardeaux aux cśurs        miséricordieux du Christ et de sa M?re. ? vingt-cinq ans de distance,        repensant aux épreuves qui ne m&#8217;ont pas manqué m?me dans l&#8217;exercice de mon        minist?re pétrinien, j&#8217;éprouve le besoin de redire, ? la mani?re d&#8217;une        chaleureuse invitation adressée ? tous pour qu&#8217;ils en fassent l&#8217;expérience        personnelle: oui, vraiment le Rosaire ? donne le rythme de la vie humaine        ?, pour l&#8217;harmoniser avec le rythme de la vie divine, dans la joyeuse        communion de la Sainte Trinité, destinée et aspiration ultime de notre        existence.</p>
<p class="justify"> </p>
<p class="center"><strong>CHAPITRE III</strong></p>
<p class="center"><strong>? POUR MOI, VIVRE C&#8217;EST LE CHRIST ?</strong></p>
<p class="justify"><em><strong>Le Rosaire, chemin d&#8217;assimilation du        myst?re</strong> </em></p>
<p class="justify">26. La méditation des myst?res du Christ est proposée dans        le Rosaire avec une méthode caractéristique, capable par nature de        favoriser leur assimilation. C&#8217;est une méthode <em>fondée sur la        répétition</em> . Cela vaut avant tout pour l&#8217;<em>Ave Maria</em> , répété dix        fois ? chaque myst?re. Si l&#8217;on s&#8217;en tient ? cette répétition d&#8217;une mani?re        superficielle, on pourrait ?tre tenté de ne voir dans le Rosaire qu&#8217;une        pratique aride et ennuyeuse. Au contraire, on peut considérer le chapelet        tout autrement, si on le regarde comme l&#8217;expression de cet amour qui ne se        lasse pas de se tourner vers la personne aimée par des effusions qui, m?me        si elles sont toujours semblables dans leur manifestation, sont toujours        neuves par le sentiment qui les anime.</p>
<p class="justify">Dans le Christ, Dieu a vraiment assumé un ? cśur de chair ?.        Il n&#8217;a pas seulement un cśur divin, riche en miséricorde et en pardon,        mais il a aussi un cśur humain, capable de toutes les vibrations de        l&#8217;affection. Si nous avions besoin d&#8217;un témoignage évangélique ? ce        propos, il ne serait pas difficile de le trouver dans le dialogue émouvant        du Christ avec Pierre, apr?s la Résurrection: ? Simon, fils de Jean,        m&#8217;aimes-tu? ? Par trois fois la question est posée, par trois fois la        réponse est donnée: ? Seigneur, tu sais bien que je t&#8217;aime ? (cf.<em> Jn </em> 21, 15-17). Au-del? de la signification spécifique de ce passage si        important pour la mission de Pierre, la beauté de cette <em>triple        répétition</em> n&#8217;échappe ? personne: par elle, la demande insistante et la        réponse correspondante s&#8217;expriment en des termes bien connus de        l&#8217;expérience universelle de l&#8217;amour humain. Pour comprendre le Rosaire, il        faut entrer dans la dynamique psychologique propre ? l&#8217;amour.</p>
<p class="justify">Une chose est claire: si la répétition de l&#8217;<em>Ave Maria</em> s&#8217;adresse directement ? Marie, en définitive, avec elle et par elle, c&#8217;est        ? Jésus que s&#8217;adresse l&#8217;acte d&#8217;amour. La répétition se nourrit du désir        d&#8217;?tre toujours plus pleinement conformé au Christ, c&#8217;est l? le vrai        &#8222;programme&#8221; de la vie chrétienne. Saint Paul a énoncé ce programme avec        des paroles pleines de feu: ? Pour moi, vivre c&#8217;est le Christ, et mourir        est un avantage ? (<em>Ph</em> 1, 21). Et encore: ? Ce n&#8217;est plus moi qui        vis, mais le Christ qui vit en moi ? (<em>Ga </em> 2, 20). Le Rosaire nous        aide ? grandir dans cette conformation jusqu&#8217;? parvenir ? la sainteté.</p>
<p class="justify"><em><strong>Une méthode valable&#8230;</strong> </em></p>
<p class="justify">27. Que la relation au Christ puisse profiter également du        soutien d&#8217;une méthode ne doit pas étonner. Dieu se communique ? l&#8217;homme en        respectant la façon d&#8217;?tre de notre nature et ses rythmes vitaux. C&#8217;est        pourquoi la spiritualité chrétienne, tout en connaissant les formes les        plus sublimes du silence mystique dans lequel toutes les images, toutes        les paroles et tous les gestes sont comme dépassés par l&#8217;intensité d&#8217;une        union ineffable de l&#8217;homme avec Dieu, est normalement marquée par        l&#8217;engagement total de la personne, dans sa complexe réalité psychologique,        physique et relationnelle.</p>
<p class="justify">Ceci apparaît de façon évidente <em>dans la liturgie.</em> Les        sacrements et les sacramentaux sont structurés par une série de rites qui        font appel aux diverses dimensions de la personne. La pri?re non        liturgique exprime également la m?me exigence. Cela est corroboré par le        fait qu&#8217;en Orient la pri?re la plus caractéristique de la méditation        christologique, celle qui est centrée sur les paroles: ? Jésus, Christ,        Fils de Dieu, Seigneur, aie pitié de moi pécheur ?,<sup>34 </sup> est        traditionnellement liée au rythme de la respiration qui, tout en        favorisant la persévérance dans l&#8217;invocation, assure presque une densité        physique au désir que le Christ devienne la respiration, l&#8217;âme et le        &#8222;tout&#8221; de la vie.</p>
<p class="justify"><em><strong>&#8230; qui peut toutefois ?tre améliorée</strong> </em></p>
<p class="justify">28. Dans la Lettre apostolique<em> <a  href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_letters/documents/hf_jp-ii_apl_20010106_novo-millennio-ineunte_fr.html">Novo        millennio ineunte</a> </em> , j&#8217;ai rappelé qu&#8217;il y a également aujourd&#8217;hui en        Occident <em>une exigence renouvelée de méditation</em> qui trouve parfois        dans les autres religions des modalités plus attractives.<sup>35 </sup> Il        existe des chrétiens qui, parce qu&#8217;ils connaissent peu la tradition        contemplative chrétienne, se laissent séduire par ces propositions.        Néanmoins, m?me si elles ont des éléments positifs et parfois compatibles        avec l&#8217;expérience chrétienne, elles cachent souvent un soubassement        idéologique inacceptable. M?me dans ces expériences, on note une        méthodologie tr?s en vogue qui, pour parvenir ? une haute concentration        spirituelle, se prévaut de techniques répétitives et symboliques, ?        caract?re psychologique et physique. Le Rosaire se situe dans le cadre        universel de la phénoménologie religieuse, mais il se définit par des        caractéristiques propres qui répondent aux exigences typiques de la        spécificité chrétienne.</p>
<p class="justify">En effet, ce n&#8217;est pas seulement <em>une méthode de        contemplation</em> . En tant que méthode, le chapelet doit ?tre utilisé en        relation avec sa finalité propre et il ne peut pas devenir une fin en soi.        Cependant, parce qu&#8217;elle est le fruit d&#8217;une expérience séculaire, la        méthode elle-m?me ne doit pas ?tre sous-estimée. L&#8217;expérience        d&#8217;innombrables saints milite en sa faveur, ce qui n&#8217;emp?che pas cependant        qu&#8217;elle puisse ?tre améliorée. C&#8217;est précisément ? cette fin que vise        l&#8217;intégration, dans le cycle des myst?res, de la nouvelle série de        <em>mysteria lucis</em> , ainsi que de certaines suggestions relatives ? la        récitation du Rosaire que propose la présente Lettre. Par ces myst?res,        tout en respectant lastructure largement établie de cette pri?re, je        voudrais aider les fid?les ? la comprendre dans ses aspects symboliques,        en harmonie avec les exigences de la vie quotidienne. Sans cela, on court        le risque que non seulement le Rosaire ne produise pas les effets        spirituels escomptés, mais que m?me le chapelet, avec lequel on a coutume        de le réciter, finisse par ?tre perçu comme une amulette ou un objet        magique, en faisant un contresens radical sur son sens et sur sa        fonction.</p>
<p class="justify"><em><strong>L&#8217;énonciation du myst?re</strong> </em></p>
<p class="justify">29. Énoncer le myst?re, et peut-?tre m?me pouvoir regarder        en m?me temps une image qui le représente, c&#8217;est comme camper un décor sur        lequel se concentre l&#8217;attention. Les paroles guident l&#8217;imagination et        l&#8217;esprit vers cet épisode déterminé ou ce moment de la vie du Christ. Dans        la spiritualité qui s&#8217;est développée dans l&#8217;Église, que ce soit la        vénération des icônes, les nombreuses dévotions riches d&#8217;éléments        sensibles ou encore la méthode elle-m?me proposée par saint Ignace de        Loyola dans les Exercices spirituels, toutes ont eu recours ? l&#8217;élément        visuel et ? l&#8217;imagination (la <em>compositio loci</em> ), le considérant        d&#8217;une grande aide pour favoriser la concentration de l&#8217;esprit sur le        myst?re. Il s&#8217;agit d&#8217;ailleurs d&#8217;une méthodologie qui correspond ? la        <em>logique m?me de l&#8217;Incarnation: </em> en Jésus, Dieu a voulu prendre des        traits humains. C&#8217;est ? travers sa réalité corporelle que nous sommes        conduits ? entrer en contact avec son myst?re divin.</p>
<p class="justify">? cette exigence concr?te répond aussi l&#8217;énonciation des        différents myst?res du Rosaire. Ils ne remplacent certainement pas        l&#8217;Évangile et ils n&#8217;en rappellent m?me pas toutes les pages. Le Rosaire ne        remplace pas non plus la <em>lectio divina</em> , mais il la présuppose et il        la promeut. Et si les myst?res contemplés dans le Rosaire, y compris le        complément des <em>mysteria lucis</em> , se limitent aux lignes maîtresses de        la vie du Christ, grâce ? eux l&#8217;esprit peut facilement embrasser le reste        de l&#8217;Évangile, surtout quand le Rosaire est récité dans des moments        particuliers de recueillement prolongé.</p>
<p class="justify"><em><strong>L&#8217;écoute de la Parole de Dieu</strong> </em></p>
<p class="justify">30. Pour donner un fondement biblique et une profondeur plus        grande ? la méditation, il est utile que l&#8217;énoncé du myst?re soit suivi de        la <em>proclamation d&#8217;un passage biblique correspondant</em> qui, en        fonction des circonstances, peut ?tre plus ou moins important. Les autres        paroles en effet n&#8217;atteignent jamais l&#8217;efficacité particuli?re de la        parole inspirée. Cette derni?re doit ?tre écoutée avec la certitude        qu&#8217;elle est Parole de Dieu, prononcée pour aujourd&#8217;hui et ? pour moi  ?.</p>
<p class="justify">Ainsi écoutée, elle entre dans la méthodologie de répétition        du Rosaire, sans susciter l&#8217;ennui qui serait produit par le simple rappel        d&#8217;une information déj? bien connue. Non, il ne s&#8217;agit pas de faire revenir        ? sa mémoire une information, mais de <em>laisser &#8222;parler&#8221; Dieu. </em> Dans        certaines occasions solennelles et communautaires, cette parole peut ?tre        illustrée de mani?re heureuse par un bref commentaire.</p>
<p class="justify"><em><strong>Le silence</strong> </em></p>
<p class="justify">31. <em>L&#8217;écoute et la méditation se nourrissent du        silence.</em> Apr?s l&#8217;énonciation du myst?re et la proclamation de la        Parole, il est opportun de s&#8217;arr?ter pendant un temps significatif pour        fixer le regard sur le myst?re médité, avant de commencer la pri?re        vocale. La redécouverte de la valeur du silence est un des secrets de la        pratique de la contemplation et de la méditation. Dans une société        hautement marquée par la technologie et les médias, il reste aussi que le        silence devient toujours plus difficile. De m?me que dans la liturgie sont        recommandés des moments de silence, de m?me, apr?s l&#8217;écoute de la Parole        de Dieu, une br?ve pause est opportune dans la récitation du Rosaire,        tandis que l&#8217;esprit se fixe sur le contenu d&#8217;un myst?re déterminé.</p>
<p class="justify"><em><strong>Le ? Notre P?re ?</strong> </em></p>
<p class="justify">32. Apr?s l&#8217;écoute de la Parole et la focalisation sur le        myst?re, il est naturel que <em>l&#8217;esprit s&#8217;él?ve vers le P?re. </em> En        chacun de ses myst?res, Jésus nous conduit toujours au P?re, auquel il        s&#8217;adresse continuellement, parce qu&#8217;il repose en son &#8222;sein&#8221; (cf.        <em>Jn</em> 1,18). Il veut nous introduire dans l&#8217;intimité du P?re, pour que        nous disions comme Lui: ? <em>Abba</em> , P?re ? (<em>Rm </em> 8,15; <em>Ga </em> 4,6). C&#8217;est en rapport avec le P?re qu&#8217;il fait de nous ses fr?res et        qu&#8217;il nous fait fr?res les uns des autres, en nous communiquant l&#8217;Esprit        qui est tout ? la fois son Esprit et l&#8217;Esprit du P?re.</p>
<p class="justify">Le ? Notre P?re ?, placé pratiquement comme au fondement de        la méditation christologique et mariale qui se développe ? travers la        répétition de l&#8217;<em>Ave Maria</em> , fait de la méditation du myst?re, m?me        accomplie dans la solitude, une expérience ecclésiale.</p>
<p class="justify"><em><strong>Les dix ? Ave Maria ?</strong> </em></p>
<p class="justify">33. C&#8217;est tout ? la fois l&#8217;élément le plus consistant du        Rosaire et celui qui en fait une pri?re mariale par excellence. Mais        précisément ? la lumi?re d&#8217;une bonne compréhension de l&#8217;<em>Ave Maria</em> ,        on perçoit avec clarté que le caract?re marial, non seulement ne s&#8217;oppose        pas au caract?re christologique, mais au contraire le souligne et le met        en relief. En effet, la premi?re partie de l&#8217;<em>Ave Maria</em> , tirée des        paroles adressées ? Marie par l&#8217;Ange Gabriel et par sainte Élisabeth, est        une contemplation d&#8217;adoration du myst?re qui s&#8217;accomplit dans la Vierge de        Nazareth. Ces paroles expriment, pour ainsi dire, l&#8217;admiration du ciel et        de la terre, et font, en un sens, affleurer l&#8217;émerveillement de Dieu        contemplant son chef d&#8217;śuvre &#8211; l&#8217;incarnation du Fils dans le sein virginal        de Marie -, dans la ligne du regard joyeux de la Gen?se (cf.<em> Gn</em> 1,31), de l&#8217;originel ? <em>pathos </em> avec lequel Dieu, ? l&#8217;aube de        la création, a regardé l&#8217;śuvre de ses mains ?.<sup>36 </sup> Dans le        Rosaire, le caract?re répétitif de l&#8217;<em>Ave Marie</em> nous fait participer        ? l&#8217;enchantement de Dieu: c&#8217;est la jubilation, l&#8217;étonnement, la        reconnaissance du plus grand miracle de l&#8217;histoire. Il s&#8217;agit de        l&#8217;accomplissement de la prophétie de Marie: ? Désormais tous les âges me        diront bienheureuse ? (<em>Lc</em> 1,48).</p>
<p class="justify">Le centre de gravité de l&#8217;<em>Ave Maria</em> , qui est presque        comme une charni?re entre la premi?re et la seconde partie, est <em>le nom        de Jésus. </em> Parfois, lors d&#8217;une récitation faite trop ? la hâte, ce        centre de gravité disparaît, et avec lui le lien au myst?re du Christ        qu&#8217;on est en train de contempler. Mais c&#8217;est justement par l&#8217;accent qu&#8217;on        donne au nom de Jésus et ? son myst?re que l&#8217;on distingue une récitation        du Rosaire significative et fructueuse. Dans l&#8217;exhortation apostolique        <em>Marialis cultus</em> , Paul VI rappelait déj? l&#8217;usage pratiqué dans        certaines régions de donner du relief au nom du Christ, en ajoutant une        clausule évocatrice du myst?re que l&#8217;on est en train de méditer.<sup>37 </sup> C&#8217;est une pratique louable, spécialement dans la récitation        publique. Elle exprime avec force la foi christologique appliquée ? divers        moments de la vie du Rédempteur. Il s&#8217;agit d&#8217;une <em>profession de foi </em> et, en m?me temps, d&#8217;une aide pour demeurer vigilant dans la        méditation, qui permet de vivre la fonction d&#8217;assimilation, inhérente ? la        répétition de l&#8217;<em>Ave Maria</em> , en regard du myst?re du Christ. Répéter        le nom de Jésus &#8211; l&#8217;unique nom par lequel il nous est donné d&#8217;espérer le        salut (cf.<em> Ac </em> 4,12) -, étroitement lié ? celui de sa Tr?s Sainte        M?re, et en la laissant presque elle-m?me nous le suggérer, constitue un        chemin d&#8217;assimilation, qui vise ? nous faire entrer toujours plus        profondément dans la vie du Christ.</p>
<p class="justify">C&#8217;est de la relation tr?s spécifique avec le Christ, qui        fait de Marie la M?re de Dieu, la<em> Theotňkos</em> , que découle ensuite la        force de la supplication avec laquelle nous nous adressons ? elle dans la        seconde partie de la pri?re, confiant notre vie et l&#8217;heure de notre mort ?        sa maternelle intercession.</p>
<p class="justify"><em><strong>Le ? Gloria ?</strong> </em></p>
<p class="justify">34. La doxologie trinitaire est le point d&#8217;arrivée de la        contemplation chrétienne. Le Christ est en effet le chemin qui conduit au        P?re dans l&#8217;Esprit. Si nous parcourons en profondeur ce chemin, nous nous        retrouvons sans cesse devant le myst?re des trois Personnes divines ?        louer, ? adorer et ? remercier. Il est important que le<em> Gloria, sommet        de la contemplation</em> , soit bien mis en relief dans le Rosaire. Lors de        la récitation publique, il pourrait ?tre chanté, pour mettre en évidence        de mani?re opportune cette perspective qui structure et qualifie toute        pri?re chrétienne.</p>
<p class="justify">Dans la mesure oů la méditation du myst?re a été attentive,        profonde, ravivée &#8211; d&#8217;<em>Ave</em> en<em> Ave </em> &#8211; par l&#8217;amour pour le        Christ et pour Marie, la glorification trinitaire apr?s chaque dizaine,        loin de se réduire ? une rapide conclusion, acquiert une juste tonalité        contemplative, comme pour élever l&#8217;esprit jusqu&#8217;au Paradis et nous faire        revivre, d&#8217;une certaine mani?re, l&#8217;expérience du Thabor, anticipation de        la contemplation future: ? Il est heureux que nous soyons ici ! ?        (<em>Lc</em> 9,33).</p>
<p class="justify"><em><strong>L&#8217;oraison jaculatoire finale</strong> </em></p>
<p class="justify">35. Dans la pratique courante du Rosaire, la doxologie        trinitaire est suivie d&#8217;une oraison jaculatoire, qui varie suivant les        circonstances. Sans rien enlever ? la valeur de telles invocations, il        semble opportun de noter que la contemplation des myst?res sera plus        féconde si on prend soin de faire en sorte que chaque myst?re s&#8217;ach?ve        par<em> une pri?re destinée ? obtenir les fruits spécifiques de la        méditation de ce myst?re. </em> Le Rosaire pourra ainsi manifester avec une        plus grande efficacité son lien avec la vie chrétienne. Cela est suggéré        par une belle oraison liturgique, qui nous invite ? demander de pouvoir        parvenir, par la méditation des myst?res du Rosaire, ? ? imiter ce qu&#8217;ils        contiennent et ? obtenir ce qu&#8217;ils promettent ?.<sup>38 </sup></p>
<p class="justify">Une telle pri?re finale pourra s&#8217;inspirer d&#8217;une légitime        variété, comme cela se fait déj?. En outre, le Rosaire acquiert alors une        expression plus adaptée aux différentes traditions spirituelles et aux        diverses communautés chrétiennes. Dans cette perspective, il est        souhaitable que se répandent, avec le discernement pastoral requis, les        propositions les plus significatives, par exemple celles qui sont        utilisées dans les centres et sanctuaires mariaux particuli?rement        attentifs ? la pratique du Rosaire, si bien que le peuple de Dieu puisse        bénéficier de toutes ses richesses spirituelles authentiques, en y puisant        une nourriture pour sa contemplation.</p>
<p class="justify"><em><strong>Le chapelet</strong> </em></p>
<p class="justify">36. Le chapelet est l&#8217;instrument traditionnel pour la        récitation du Rosaire. Une pratique par trop superficielle conduit ? le        considérer souvent comme un simple instrument servant ? compter la        succession des <em>Je vous salue Marie</em> . Mais il veut aussi exprimer un        symbolisme qui peut donner un sens nouveau la contemplation.</p>
<p class="justify">? ce sujet, il faut avant tout noter que <em>le chapelet        converge vers le Crucifié</em> , qui ouvre ainsi et conclut le chemin m?me        de la pri?re. La vie et la pri?re des croyants sont centrées sur le        Christ. Tout part de Lui; tout tend vers Lui; et par Lui, tout, dans        l&#8217;Esprit Saint, parvient au P?re.</p>
<p class="justify">En tant qu&#8217;instrument servant ? compter, qui scande la        progression de la pri?re, le chapelet évoque le chemin incessant de la        contemplation et de la perfection chrétiennes. Le bienheureux Bartolo        Longo voyait aussi le chapelet comme une ? chaîne ? qui nous relie ? Dieu.        Une chaîne, certes, mais une douce chaîne; car tel est toujours la        relation avec Dieu qui est P?re. Une chaîne &#8222;filiale&#8221;, qui nous accorde ?        Marie, la ? servante du Seigneur ? (<em>Lc </em> 1, 38) et, en définitive, au        Christ lui-m?me qui, tout en étant Dieu, s&#8217;est fait ? serviteur ? par        amour pour nous (<em>Ph</em> 2,7).</p>
<p class="justify">Il est beau également d&#8217;étendre la signification symbolique        du chapelet ? nos relations réciproques; par lui nous est rappelé le lien        de communion et de fraternité qui nous unit tous dans le Christ.</p>
<p class="justify"><em><strong>Début et fin</strong> </em></p>
<p class="justify">37. Dans la pratique courante, les mani?res d&#8217;introduire le        Rosaire sont variées, selon les différents contextes ecclésiaux. Dans        certaines régions, on commence habituellement par l&#8217;invocation du Psaume        69[70]: ? Dieu, viens ? mon aide; Seigneur, ? notre secours ?, comme pour        nourrir chez la personne qui prie l&#8217;humble conscience de sa propre        indigence; dans d&#8217;autres lieux, au contraire, le Rosaire débute par la        récitation du<em> Credo</em> , comme pour mettre la profession de foi au        point de départ du chemin de contemplation que l&#8217;on entreprend. Dans la        mesure oů elles disposent bien l&#8217;esprit ? la contemplation, ces formes et        d&#8217;autres semblables sont des usages également légitimes. La récitation se        conclut par la pri?re aux intentions du Pape, afin d&#8217;élargir le regard de        celui qui prie aux vastes horizons des nécessités ecclésiales. C&#8217;est        justement pour encourager cette ouverture ecclésiale du Rosaire que        l&#8217;Église a voulu l&#8217;enrichir d&#8217;indulgences ? l&#8217;intention de ceux qui le        récitent avec les dispositions requises.</p>
<p class="justify">En effet, s&#8217;il est ainsi vécu, le Rosaire devient vraiment        un parcours spirituel, dans lequel Marie se fait m?re, guide, maître, et        elle soutient le fid?le par sa puissante intercession. Comment s&#8217;étonner        du besoin ressenti par l&#8217;âme, ? la fin de cette pri?re dans laquelle elle        a fait l&#8217;expérience intime de la maternité de Marie, d&#8217;entonner une        louange ? la Vierge Marie, que ce soit la splendide pri?re du<em> Salve        Regina </em> ou celle des<em> Litanies de Lorette </em> ? C&#8217;est le couronnement        d&#8217;un chemin intérieur, qui a conduit le fid?le ? un contact vivant avec le        myst?re du Christ et de sa M?re tr?s sainte.</p>
<p class="justify"><em><strong>La répartition dans le temps</strong> </em></p>
<p class="justify">38. Le Rosaire peut ?tre récité intégralement chaque jour,        et nombreux sont ceux qui le font de mani?re louable. Il parvient ainsi ?        remplir de pri?re les journées de nombreux contemplatifs, ou ? tenir        compagnie aux malades et aux personnes âgées, qui disposent de beaucoup de        temps. Mais il est évident &#8211; et ceci vaut d&#8217;autant plus si on ajoute le        nouveau cycle des <em>mysteria lucis </em> &#8211; que beaucoup ne pourront en        réciter qu&#8217;une partie, selon un certain ordre hebdomadaire. Cette        répartition hebdomadaire finit par donner aux différentes journées de la        semaine une certaine ? couleur ? spirituelle, comme le fait de mani?re        analogue la liturgie avec les diverses étapes de l&#8217;année liturgique.</p>
<p class="justify">Selon l&#8217;usage courant, le lundi et le jeudi sont consacrés        aux ? myst?res joyeux ?, le mardi et le vendredi aux ? myst?res douloureux        ?, le mercredi, le samedi et le dimanche aux ? myst?res glorieux ?. Oů        insérer les ? myst?res lumineux ?? Considérant que les myst?res glorieux        sont proposés deux jours de suite, le samedi et le dimanche, et que le        samedi est traditionnellement un jour ? fort caract?re marial, on peut        conseiller de déplacer au samedi la deuxi?me méditation hebdomadaire des        myst?res joyeux, dans lesquels la présence de Marie est davantage        accentuée. Ainsi, le jeudi reste opportunément libre pour la méditation        des myst?res lumineux.</p>
<p class="justify">Cette indication n&#8217;entend pas toutefois limiter une certaine        liberté dans la méditation personnelle et communautaire, en fonction des        exigences spirituelles et pastorales, et surtout des f?tes liturgiques qui        peuvent susciter d&#8217;heureuses adaptations. L&#8217;important est de considérer et        d&#8217;expérimenter toujours davantage le Rosaire comme un itinéraire de        contemplation. Par lui, en complément de ce qui se réalise dans la        liturgie, la semaine du chrétien, enracinée dans le dimanche, jour de la        résurrection, devient un chemin ? travers les myst?res de la vie du        Christ, qui se manifeste dans la vie de ses disciples comme le Seigneur du        temps et de l&#8217;histoire.</p>
<p class="justify"> </p>
<p class="center"><strong>CONCLUSION</strong></p>
<p class="justify"><strong><em>? Rosaire béni de Marie,</em> <em>douce chaîne qui nous        relie ? Dieu ?</em> </strong></p>
<p class="justify">39.Ce qui a été dit jusqu&#8217;ici exprime amplement la richesse        de cette pri?re traditionnelle, qui a la simplicité d&#8217;une pri?re        populaire, mais aussi la profondeur théologique d&#8217;une pri?re adaptée ?        ceux qui perçoivent l&#8217;exigence d&#8217;une contemplation plus műre.</p>
<p class="justify">L&#8217;Église a toujours reconnu ? cette pri?re une efficacité        particuli?re, lui confiant les causes les plus difficiles dans sa        récitation communautaire et dans sa pratique constante. En des moments oů        la chrétienté elle-m?me était menacée, ce fut ? la force de cette pri?re        qu&#8217;on attribua l&#8217;éloignement du danger, et la Vierge du Rosaire fut saluée        comme propitiatrice du salut.</p>
<p class="justify">Aujourd&#8217;hui, comme j&#8217;y ai fait allusion au début, je        recommande volontiers ? l&#8217;efficacité de cette pri?re la cause de la paix        dans le monde et celle de la famille.</p>
<p class="justify"><em><strong>La paix</strong> </em></p>
<p class="justify">40. Les difficultés que la perspective mondiale fait        apparaître en ce début de nouveau millénaire nous conduisent ? penser que        seule une intervention d&#8217;en haut, capable d&#8217;orienter les cśurs de ceux qui        vivent des situations conflictuelles et de ceux qui régissent le sort des        Nations, peut faire espérer un avenir moins sombre.</p>
<p class="justify">Le Rosaire est <em>une pri?re orientée par nature vers la        paix</em> , du fait m?me qu&#8217;elle est contemplation du Christ, Prince de la        paix et ? notre paix ? (<em>Ep </em> 2,14). Celui qui assimile le myst?re du        Christ &#8211; et le Rosaire vise précisément ? cela &#8211; apprend le secret de la        paix et en fait un projet de vie. En outre, en vertu de son caract?re        méditatif, dans la tranquille succession des <em>Ave Mari</em> a, le Rosaire        exerce sur celui qui prie une action pacificatrice qui le dispose ?        recevoir cette paix véritable, qui est un don spécial du Ressuscité        (cf.<em>Jn </em> 14,27; 20,21), et ? en faire l&#8217;expérience au fond de son        ?tre, en vue de la répandre autour de lui.</p>
<p class="justify">Le Rosaire est aussi une pri?re de paix en raison des fruits        de charité qu&#8217;il produit. S&#8217;il est bien récité comme une vraie pri?re        méditative, le Rosaire, en favorisant la rencontre avec le Christ dans ses        myst?res, ne peut pas ne pas indiquer aussi le visage du Christ dans les        fr?res, en particulier dans les plus souffrants. Comment pourrait-on        fixer, dans les myst?res joyeux, le myst?re de l&#8217;Enfant né ? Bethléem sans        éprouver le désir d&#8217;accueillir, de défendre et de promouvoir la vie, en se        chargeant de la souffrance des enfants de toutes les parties du monde?        Comment, dans les myst?res lumineux, pourrait-on suivre les pas du Christ        qui rév?le le P?re sans s&#8217;engager ? témoigner de ses ? béatitudes ? dans        la vie de chaque jour? Et comment contempler le Christ chargé de la Croix        et crucifié sans ressentir le besoin de se faire le ? Cyrénéen ? de tout        fr?re brisé par la souffrance ou écrasé par le désespoir? Enfin, comment        pourrait-on fixer les yeux sur la gloire du Christ ressuscité et sur Marie        couronnée Reine sans éprouver le désir de rendre ce monde plus beau, plus        juste et plus proche du dessein de Dieu?</p>
<p class="justify">En réalité, tandis qu&#8217;il nous conduit ? fixer les yeux sur        le Christ, le Rosaire nous rend aussi bâtisseurs de la paix dans le monde.        Par sa caractéristique de supplication communautaire et insistante, pour        répondre ? l&#8217;invitation du Christ ? ? toujours prier sans se décourager ?        (<em>Lc </em> 18, 1), il nous permet d&#8217;espérer que, m?me aujourd&#8217;hui, une        &#8222;bataille&#8221; aussi difficile que celle de la paix pourra ?tre gagnée. Loin        d&#8217;?tre une fuite des probl?mes du monde, le Rosaire nous pousse ? les        regarder avec un śil responsable et généreux, et il nous obtient la force        de les affronter avec la certitude de l&#8217;aide de Dieu et avec la ferme        intention de témoigner en toutes circonstances de ? l&#8217;amour, lui qui fait        l&#8217;unité dans la perfection ? (<em>Col</em> 3,14).</p>
<p class="justify"><em><strong>La famille: les parents&#8230;</strong> </em></p>
<p class="justify">41. Pri?re pour la paix, le Rosaire est aussi, depuis        toujours, la <em>pri?re de la famille et pour la famille.</em> Il fut un        temps oů cette pri?re était particuli?rement ch?re aux familles        chrétiennes et en favorisait certainement la communion. Il ne faut pas        perdre ce précieux héritage. Il faut se remettre ? prier en famille et ?        prier pour les familles, en utilisant encore cette forme de pri?re.</p>
<p class="justify">Si, dans la Lettre apostolique<em> <a  href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_letters/documents/hf_jp-ii_apl_20010106_novo-millennio-ineunte_fr.html">Novo        millennio ineunte</a> , </em> j&#8217;ai encouragé m?me les laďcs ? célébrer la        Liturgie des Heures dans la vie ordinaire des communautés paroissiales et        des divers groupes chrétiens,<sup>39</sup> je désire faire la m?me chose        pour le Rosaire. Il s&#8217;agit de deux voies de la contemplation chrétienne        qui ne s&#8217;opposent pas, mais se compl?tent. Je demande donc ? ceux qui se        consacrent ? la pastorale des familles de suggérer avec conviction la        récitation du Rosaire.</p>
<p class="justify"><em>La famille qui est unie dans la pri?re demeure unie. </em> Par tradition ancienne, le saint Rosaire se pr?te tout spécialement ?        ?tre une pri?re dans laquelle la famille se retrouve. Les membres de        celle-ci, en jetant véritablement un regard sur Jésus, acqui?rent aussi        une nouvelle capacité de se regarder en face, pour communiquer, pour vivre        la solidarité, pour se pardonner mutuellement, pour repartir avec un pacte        d&#8217;amour renouvelé par l&#8217;Esprit de Dieu.</p>
<p class="justify">De nombreux probl?mes des familles contemporaines,        particuli?rement dans les sociétés économiquement évoluées, dépendent du        fait qu&#8217;il devient toujours plus difficile de communiquer. On ne parvient        pas ? rester ensemble, et les rares moments passés en commun sont absorbés        par les images de la télévision. Recommencer ? réciter le Rosaire en        famille signifie introduire dans la vie quotidienne des images bien        différentes, celles du myst?re qui sauve: l&#8217;image du Rédempteur, l&#8217;image        de sa M?re tr?s sainte. La famille qui récite le Rosaire reproduit un peu        le climat de la maison de Nazareth: on place Jésus au centre, on partage        avec lui les joies et les souffrances, on remet entre ses mains les        besoins et les projets, on reçoit de lui espérance et force pour le        chemin.</p>
<p class="justify"><em><strong>&#8230; et les enfants</strong> </em></p>
<p class="justify">42. Il est beau et fécond également de confier ? cette        pri?re le <em>chemin de croissance des enfants. </em> Le Rosaire n&#8217;est-il pas        l&#8217;itinéraire de la vie du Christ, de sa conception ? sa mort, jusqu&#8217;? sa        résurrection et ? sa glorification? Il devient aujourd&#8217;hui toujours plus        ardu pour les parents de suivre leurs enfants dans les diverses étapes de        leur vie. Dans notre société de technologie avancée, des médias et de la        mondialisation, tout est devenu si rapide, et la distance culturelle entre        les générations se fait toujours plus grande. Les messages les plus divers        et les expériences les plus imprévisibles envahissent la vie des enfants        et des adolescents, et pour les parents il devient parfois angoissant de        faire face aux risques qu&#8217;ils courent. Il n&#8217;est pas rare qu&#8217;ils soient        conduits ? faire l&#8217;expérience de déceptions cuisantes, en constatant les        échecs de leurs enfants face ? la séduction de la drogue, aux attraits        d&#8217;un hédonisme effréné, aux tentations de la violence, aux expressions les        plus variées du non-sens et du désespoir.</p>
<p class="justify">Prier le Rosaire <em>pour ses enfants</em> , et mieux encore        <em>avec ses enfants</em> , en les éduquant depuis leur plus jeune âge ? ce        moment quotidien de ? pause priante ? de la famille, n&#8217;est certes pas la        solution de tous les probl?mes, mais elle constitue une aide spirituelle ?        ne pas sous-estimer. On peut objecter que le Rosaire apparaît comme une        pri?re peu adaptée au goűt des adolescents et des jeunes d&#8217;aujourd&#8217;hui.        Mais l&#8217;objection vient peut-?tre d&#8217;une façon de le réciter souvent peu        appliquée. Du reste, étant sauve sa structure fondamentale, rien        n&#8217;emp?che, pour les enfants et les adolescents, que la récitation du        Rosaire -que ce soit en famille ou en groupes &#8211; s&#8217;enrichisse de possibles        aménagements symboliques et concrets, qui en favorisent la compréhension        et la mise en valeur. Pourquoi ne pas l&#8217;essayer? Une pastorale des jeunes        qui n&#8217;est pas défaitiste, mais passionnée et créative &#8211; les Journées        mondiales de la Jeunesse m&#8217;en ont donné la mesure! &#8211; est capable de faire,        avec l&#8217;aide de Dieu, des choses vraiment significatives. Si le Rosaire est        bien présenté, je suis sűr que les jeunes eux- m?mes seront capables de        surprendre encore une fois les adultes, en faisant leur cette pri?re et en        la récitant avec l&#8217;enthousiasme caractéristique de leur âge.</p>
<p class="justify"><em><strong>Le Rosaire, un trésor ? redécouvrir</strong> </em></p>
<p class="justify">43. Chers fr?res et sśurs! Une pri?re aussi facile, et en        m?me temps aussi riche, mérite vraiment d&#8217;?tre redécouverte par la        communauté chrétienne. Faisons-le surtout cette année, en accueillant        cette proposition comme un affermissement de la ligne tracée dans la        Lettre apostolique<em> <a  href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_letters/documents/hf_jp-ii_apl_20010106_novo-millennio-ineunte_fr.html">Novo        millennio ineunte</a> </em> , dont de nombreuses Églises particuli?res se        sont inspirées dans leurs projets pastoraux pour planifier leurs        engagements dans un proche avenir.</p>
<p class="justify">Je m&#8217;adresse ? vous en particulier, chers Fr?res dans        l&#8217;épiscopat, pr?tres et diacres, et aussi ? vous, agents pastoraux engagés        dans divers minist?res, pour que, en faisant l&#8217;expérience personnelle de        la beauté du Rosaire, vous en deveniez des promoteurs actifs.</p>
<p class="justify">Je m&#8217;en remets aussi ? vous, théologiens, afin qu&#8217;en menant        une réflexion ? la fois rigoureuse et sage, enracinée dans la Parole de        Dieu et attentive au vécu du peuple chrétien, vous fassiez découvrir les        fondements bibliques, les richesses spirituelles et la valeur pastorale de        cette pri?re traditionnelle.</p>
<p class="justify">Je compte sur vous, les consacrés, hommes et femmes, appelés        ? un titre particulier ? contempler le visage du Christ ? l&#8217;école de        Marie.</p>
<p class="justify">Je me tourne vers vous, fr?res et sśurs de toute condition,        vers vous, familles chrétiennes, vers vous, malades et personnes âgées,        vers vous les jeunes: <em>reprenez avec confiance le chapelet entre vos        mains</em> , le redécouvrant ? la lumi?re de l&#8217;Écriture, en harmonie avec la        liturgie, dans le cadre de votre vie quotidienne.</p>
<p class="justify">Que mon appel ne reste pas lettre morte! Au début de la        vingt-cinqui?me année de mon Pontificat, je remets cette Lettre        apostolique entre les mains sages de la Vierge Marie, m&#8217;inclinant        spirituellement devant son image dans le splendide sanctuaire qui lui a        été édifié par le bienheureux Bartolo Longo, apôtre du Rosaire. Je fais        volontiers miennes les paroles touchantes par lesquelles il termine la        cél?bre <em>Supplique ? la Reine du Saint Rosaire</em> : ? Ô Rosaire béni par        Marie, douce chaîne qui nous relie ? Dieu, lien d&#8217;amour qui nous unit aux        Anges, tour de sagesse face aux assauts de l&#8217;enfer, havre de sécurité dans        le naufrage commun, nous ne te lâcherons plus. Tu seras notre réconfort ?        l&#8217;heure de l&#8217;agonie. ? toi, le dernier baiser de la vie qui s&#8217;éteint. Et        le dernier accent sur nos l?vres sera ton nom suave, ô Reine du Rosaire de        Pompéi, ô notre M?re tr?s ch?re, ô refuge des pécheurs, ô souveraine        Consolatrice des affligés. Sois bénie en tout lieu, aujourd&#8217;hui et        toujours, sur la terre et dans le ciel ?.</p>
<p class="justify"><em>Du Vatican, le 16 octobre 2002, début de la        vingt-cinqui?me année de mon Pontificat.</em></p>
<p class="center"><strong>JOHN PAUL II</strong></p>
<p class="justify"><sup>1 </sup> Conc. ścum. Vat. II, Const. past. sur l&#8217;Église        dans le monde de ce temps<em> Gaudium et spes</em> , n.45.</p>
<p class="justify"><sup>2 </sup> Paul VI, Exhort. apost.<em> Marialis cultus </em> (2 février 1974), n.42:<em> AAS</em> 66 (1974), p.153:<em> La        Documentation catholique</em> 71 (1974), p.314.</p>
<p class="justify"><sup>3 </sup> Cf.<em> Acta Leonis XIII</em> , 3 (1884),        pp.280-289.</p>
<p class="justify"><sup>4 </sup> En particulier, il est bon de noter sa Lettre        apostolique sur le Rosaire:<em> Il religioso convegno</em> (29 septembre        1961): <em>AAS</em> 53</p>
<p class="justify"><sup>5 </sup> <em>Angelus: Insegnamenti</em> (1978),        pp.75-76:<em> La Documentation catholique</em> 75 (1978), p.958.</p>
<p class="justify"><sup>6 </sup> <em>AAS</em> 93 (2001), p.285:<em> La Documentation        catholique </em> 98 (2001), p.78.</p>
<p class="justify"><sup>7 </sup> Au cours des années de préparation du Concile,        JeanXXIII n&#8217;avait pas manqué d&#8217;inviter la communauté chrétienne ? la        récitation du Rosaire pour la réussite de cet événement ecclésial: cf.<em> Lettre au Cardinal Vicaire de Rome</em> , 28 septembre 1960:<em> AAS</em> 52        (1960), pp.814-817: <em>La Documentation catholique</em> 57 (1960), col.        1249-1252.</p>
<p class="justify"><sup>8 </sup> Const. dogm. sur l&#8217;Église <em>Lumen gentium</em> ,        n.66.</p>
<p class="justify"><sup>9 </sup> Lettre apost.<em> Novo millennio ineunte</em> ,        n.32:<em> AAS</em> 93 (2001), p.288: <em>La Documentation catholique</em> 98        (2001), p.79.</p>
<p class="justify"><sup>10 </sup> <em>Ibid.</em> , n.33: <em>l.c.</em> , p.289: <em>La        Documentation catholique</em> 98 (2001), p.80.</p>
<p class="justify"><sup>11 </sup> Comme on le sait, il faut rappeler que les        révélations privées ne sont pas de la m?me nature que la révélation        publique, qui constitue une norme pour toute l&#8217;Église. Il est du devoir du        Magist?re de discerner et de reconnaître, pour la piété des fid?les,        l&#8217;authenticité et la valeur des révélations privées.</p>
<p class="justify"><sup>12 </sup> <em>Le secret admirable du tr?s saint Rosaire        pour se convertir et se sauver</em> : S. Louis Marie Grignion de Montfort,        <em>&amp;OElig;uvres compl?tes</em> , Paris (1966), pp.263-389.</p>
<p class="justify"><sup>13 </sup> <em>Histoire du Sanctuaire de Pompéi</em> ,        Pompéi (1990), p.59.</p>
<p class="justify"><sup>14 </sup> Exhort. apost.<em> Marialis cultus</em> (2        février 1974), n.47:<em> AAS </em> 66 (1974), p.156:<em> La Documentation        catholique</em> 71 (1974), p.315.</p>
<p class="justify"><sup>15 </sup> Constitution sur la Liturgie <em>Sacrosanctum        Concilium</em> , n.10.</p>
<p class="justify"><sup>16 </sup> <em>Ibid.</em> , n.12.</p>
<p class="justify"><sup>17 </sup> Conc. ścum. Vat. II, Const. dogm. sur        l&#8217;Église<em> Lumen gentium</em> , n.58.</p>
<p class="justify"><sup>18 </sup> <em>Les quinze samedis du Saint Rosaire</em> ,        27.</p>
<p class="justify"><sup>19 </sup> Conc. ścum. Vat. II, Const. dogmatique sur        l&#8217;Église<em> Lumen gentium</em> ,n.53.</p>
<p class="justify"><sup>20 </sup> <em>Ibid.</em> , n.60.</p>
<p class="justify"><sup>21 </sup> Cf. Premier radiomessage<em> Urbi et Orbi </em> (17 octobre 1978):<em> AAS</em> 70 (1978), p.927: <em>La Documentation        catholique </em> 75 (1978), p.905.</p>
<p class="justify"><sup>22 </sup> <em>Traité de la vraie dévotion ? Marie</em> ,        n.120, Paris (1966), pp.562-563.</p>
<p class="justify"><sup>23 </sup> <em>Catéchisme de l&#8217;Église catholique</em> ,        n.2679.</p>
<p class="justify"><sup>24</sup> <em>Ibid.</em> , n.2675.</p>
<p class="justify"><sup>25 </sup> La <em>Supplique ? la Reine du Rosaire</em> , qui        se récite de mani?re solennelle deux fois l&#8217;an, en mai et en octobre, fut        composée par le bienheureux Bartolo Longo en 1883, comme une adhésion ?        l&#8217;invitation lancée par le Pape Léon XIII aux catholiques dans sa premi?re        encyclique sur le Rosaire, en vue d&#8217;un engagement spirituel qui puisse        affronter les maux de la société.</p>
<p class="justify"><sup>26 </sup> <em>La Divine Comédie, Le Paradis</em> , C.        XXXIII, 13-15, Paris (1996), p.457.</p>
<p class="justify"><sup>27 </sup> Jean-Paul II, Lettre apost.<em> Novo millennio        ineunte</em> (6 janvier 2001) n.20: <em>AAS</em> 93 (2001), p.279: <em>La        Documentation catholique</em> 98 (2001), p.75.</p>
<p class="justify"><sup>28 </sup> Exhort. apost.<em> Marialis cultus</em> (2        février 1974), n.46:<em> AAS </em> 66 (1974), p.155:<em> La Documentation        catholique</em> 71 (1974), p.315.</p>
<p class="justify"><sup>29 </sup> Jean-Paul II, Lettre apostolique <em>Novo        millennio ineunte</em> (6 janvier 2001), n.28:<em> AAS </em> 93 (2001), p.284:        <em>La Documentation catholique</em> 98 (2001), p.77.</p>
<p class="justify"><sup>30 </sup> N. 515.</p>
<p class="justify"><sup>31 </sup> <em>Angelus </em> du 29 octobre 1978:<em> Insegnamenti</em> I (1978), p.76:<em> La Documentation catholique</em> 75        (1978), p.958.</p>
<p class="justify"><sup>32 </sup> Conc. ścum. Vat. II, Const. past. sur l&#8217;Église        dans le monde de ce temps<em> Gaudium et spes</em> , n.22.</p>
<p class="justify"><sup>33 </sup> S. Irénée de Lyon,<em> Adversus hćreses</em> ,        III, 18, 1:<em> PG</em> VII, 932: Paris (1974), pp.343-345.</p>
<p class="justify"><sup>34 </sup> <em>Catéchisme de l&#8217;Église catholique</em> ,        n.2616.</p>
<p class="justify"><sup>35 </sup> Cf. n.33:<em> AAS</em> 93 (2001), p.289: <em>La        Documentation catholique </em> 98 (2001), pp.77-78.</p>
<p class="justify"><sup>36 </sup> Jean-Paul II, <em>Lettre aux artistes </em> (4        avril 1999), n.1:<em> AAS </em> 91 (1999), p.1155: <em>La Documentation        catholique </em> 96 (1999), p.451.</p>
<p class="justify"><sup>37 </sup> Cf. n.46:<em> AAS</em> 66 (1974), p.155: <em>La        Documentation catholique</em> 71 (1974), p.315. Cet usage a été récemment        recommandé par la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des        Sacrements dans le<em> Directoire sur la piété populaire et la liturgie.        Principes et orientations</em> (17 décembre 2001), n.201, Cité du Vatican        (2002), p.165.</p>
<p class="justify"><sup>38 </sup> ? <em>Concede, qućsumus, ut hćc mysteria        sacratissimo beatć Marić Virginis Rosario recolentes, et imitemur quod        continent, et quod promittunt assequamur</em> ?:<em> Missale Romanum</em> (1960),<em> In festo B.M. Virginis a Rosario.</em></p>
<p class="justify"><sup>39 </sup> Cf. n.34:<em> AAS </em> 93 (2001), p.290:<em> La        Documentation catholique</em> 98 (2001), p.80.</p>
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